18 janvier 2023
Arrêter de fumer du jour au lendemain, est-ce vraiment possible ?
Le verdict scientifique sur cette méthode

On entend souvent qu'il faut arrêter progressivement, étape par étape, clope par clope… Et pourtant, on a tous déjà entendu l'histoire de ce cousin éloigné, de ce collègue de travail qui lui, a arrêté comme ça, d'un coup.
Mais après des années et des années de tabagisme , on se dit que ce n'est pas fait pour nous. Pire, on pense même qu'arrêter de fumer du jour au lendemain pourrait être "dangereux" pour notre santé… des mythes que l'on se construit par peur de l'échec ou par désir de retarder le manque…
Ne plus fumer d'un jour à l'autre est possible, et nous allons vous le prouver.
Comment se construit l'addiction au tabac ?
Pour l'explication scientifique, la nicotine agit sur le cerveau en se liant aux récepteurs nicotiniques situés sur les neurones.
Cela a pour effet de libérer de la dopamine et d'autres neurotransmetteurs qui sont impliqués dans la régulation de la motivation, de la récompense et de l'humeur.
La seconde partie est très intéressante et c'est certainement la raison principale pour laquelle il est difficile… très difficile d'arrêter la cigarette sur un coup de tête.
La raison ? Chaque bouffée de fumée engendre une libération quasi instantanée de l'hormone du plaisir : la dopamine. La nicotine atteint le cerveau rapidement après inhalation.
Quelques secondes suffisent pour que la substance agisse et crée un véritable feu d'artifice de plaisir chez le fumeur. Et c'est ici toute la puissance de cette drogue. Il va être compliqué de remplacer la sensation ressentie après inhalation de la fumée , difficile aussi de s'en passer. Un stimulus qui apporte une profonde satisfaction presque immédiate dont le cerveau va s'habituer et qui va très vite devenir une norme pour se sentir bien.
C'est alors que s'installe la dépendance. Le système de récompense se voit alors éliminer tout plaisir associé pour entraîner la personne dans un autre mécanisme psychologique, la sensation de manque.
Selon une étude récente menée par le magasin Neuron et relayée par le CNRS, l'addiction n'est pas le seul effet de la nicotine sur notre cerveau. C'est bien pire.
La nicotine couplée aux substances nocives du tabac de cigarette va avoir deux actions conjointes : le renforcement du manque et l'apparition d'une anxiété forte et continue liée à cette même dépendance.
Le fumeur se retrouve alors dans une situation complexe où le conflit intérieur est à la fois terrible et constant.
Sans suit, alors le cercle vicieux dans lequel va s'enfermer la personne dépendante à la cigarette , à savoir qu'il devient de plus en plus **difficile d'arrêter **mais si simple d'en rallumer une…
Ce qu'il faut savoir pour arrêter de fumer du jour au lendemain définitivement
Parlons de la règle des 21 jours pour en finir avec la cigarette. Si l'idée même de fumer votre dernière cigarette du jour au lendemain vous angoisse au plus profond et fait monter en vous l'envie irrésistible d'en allumer une là, tout de suite, alors larègle des 21 jours pourrait bien vous être d'une utilité redoutable.
La peur du manque est évidemment l'un des blocages psychologiques principaux. Et pourtant, la croyance populaire considère qu'il faudrait environ trois semaines pour installer une nouvelle habitude.
Cela peut paraître énorme mais qui est capable de se rappeler ce qu'il faisait à cette même heure, il y a trois semaines justement ? Le temps passe plus vite qu'on ne le pense, l'arrêt du tabac n'échappe pas à cette règle. Il faudrait donc reprendre le contrôle de son cerveau, le reformater pour remettre l'échelle du temps à sa place initiale.
L'objectif des 21 jours étant parfaitement identifié, à l'image d'un coureur qui se prépare pour un marathon qui va durer 21 jours.
Mais est-ce vraiment scientifique ? La réponse est oui et non. De nombreux témoignages viennent appuyer le fait qu'un cycle de trois semaines permet d'ancrer dans le cerveau une nouvelle habitude qui s'installera sur la durée.
La peur du manque est évidemment l'un des blocages psychologiques principaux. Et pourtant, la croyance populaire considère qu'il faudrait environ trois semaines pour installer une nouvelle habitude.
Cela peut paraître énorme mais qui est capable de se rappeler ce qu'il faisait à cette même heure, il y a trois semaines justement ? Le temps passe plus vite qu'on ne le pense, l'arrêt du tabac n'échappe pas à cette règle.
Avoir un dégoût de la cigarette du jour au lendemain
Si tout le monde a la capacité de dire STOP à la cigarette , tous n'oseront pas franchir le pas. Donc la manière la plus radicale de ne pas retoucher une seule est évidemment de se dégoûter de la cigarette.
Mais plus facile à dire qu'à faire lorsque l'on sait que cela fait plusieurs années qu'elles viennent terminer un repas, un peu comme un bon désert… qui n'en est pas. Oui mais voilà, entre la pratique et la réalité, la différence est parfois immense.
Qui n'a jamais pris son paquet sur un coup de tête en le jetant avec violence dans la poubelle tout en se répétant à voix haute que l'on n'y touchera plus jamais ? Le dégoût est une forme de rejet profond, alors concrètement comment faire ?
Une des méthodes les plus redoutables pourarrêter de fumer consiste à tremper une cigarette dans un liquide comme du thé, d'attendre que le tabac sèche puis d'allumer la cigarette... Nausée garantie !
En vous souhaitant d'avance un bon courage pour le finir... Un peu extrême mais particulièrement efficace. Votre vie n'est pas moins bien après l'arrêt de la cigarette. On sait que fumer des cigarettes peut avoir des effets négatifs sur la santé physique et mentale. Et pourtant on continue.
Donc s'il y a bien une raison qui nous pousse à compter les minutes comme des heures dans un trajet en avion, au travail ou dans les transports en commun pour fumer , c'est bien qu'il y a quelque chose de très puissant qui nous maintient esclave d'une addiction que l'on ne veut plus dans notre vie...
L'addiction évidemment, mais c'est comme s'il y avait quelque chose d'autre. Quelque chose de plus puissant. Et si c'était pire que la peur de manquer ? Bien pire... Et si finalement ce qui nous tenait accrochés c'était la peur d'être incapable de revivre normalement, d'être heureux sans cigarette un peu comme avant ?
Fumer ne procure aucun véritable plaisir, aucune joie. Dire cela serait penser que le non-fumeur est moins heureux que le fumeur. La satisfaction ressentie ne vient pas de la privation. Allen Carr est l'un de ceux qui l'expliquent très bien. Il est l'auteur d'un best-seller pour arrêter de fumer sans difficulté et sans substitut.
Non, il n'y aaucun plaisir réel à fumer , au contraire, une fois allumée, l'addict est en souffrance psychologique jusqu'à pouvoir tirer sur la cigarette suivante.
Comment arrêter de fumer d'un coup en 5 conseils
Conseil 1 : Penser que cela n'arrive pas qu'aux autres
En moyenne, les fumeurs ont besoin de 4 tentatives pour arrêter. Si vous les avez dépassées, vous vous dites certainement que vous n'y arriverez jamais... au contraire, si vous n'avez jamais essayé de vous séparer de votre meilleure amie la nicotine, vous vous dites certainement que stopper d'un coup n'est pas pour demain...
Les deux théories sont tout à fait défendables mais aucune n'est véridique. Rien ne différencie une personne qui arrête subitement d'une autre qui rencontre des difficultés. On dit souvent que tout cela passe dans la tête. Il semblerait que l'état d'esprit va avoir une grande influence sur le comportement du fumeur.
Ce qui fonctionne chez les autres ne fonctionne pas forcément chez moi. Mais l'inverse est aussi vrai.
Si certains arrêtent du jour au lendemain, alors je le peux aussi !
Conseil 2 : Se séparer de son addiction une bonne fois pour toute !
Le but n'est pas de se lever chaque matin les yeux rivés sur le cendrier en comptant les heures qui nous séparent de notre toute dernière cigarette. Pour réussir à arrêter brusquement de fumer, il ne faut plus penser combien de temps vais-je tenir jusqu'à la prochaine, mais au contraire, ne plus se considérer comme un fumeur.
Cela fait une grande différence. Ne vous dites pas : "J'essaye de tenir un maximum de temps sans fumer une clope" mais "j'arrête d'être un fumeur ". Point. Si vous pensez que la préparation mentale est une perte de temps, vous ne vous rendez pas bien compte du pouvoir psychologique que la nicotine a sur vous. Ces deux premières étapes permettent de reprendre le contrôle sur un cerveau que la nicotine arrive à séduire bien trop facilement.
Conseil 3 : Se préparer à tenir 3 semaines
Les souffrances liées au manque peuvent très vite décourager les candidats à la désintoxication... C'est la raison pour laquelle avoir un objectif en ligne de mire est définitivement plus motivant.
Un but à atteindre donne une raison supplémentaire pour se battre dès l'apparition des premiers signes du sevrage tabacologique. Pourquoi 3 semaines ? Il s'agit d'une période théorique partagée par de nombreux fumeurs et confirmée par des études très sérieuses sur le sujet.
À trois semaines, le fumeur a probablement surmonté le choc du sevrage physique.
Commence alors la résistance mentale quant aux bienfaits supposés du tabac que le cerveau va tenter de marteler pour justifier la reprise de la cigarette.
Conseil 4 : éviter toute tentation !
Vous n'êtes pas plus fort que votre addiction. Tout du moins pas au début. Reconnaître sa vulnérabilité face à sa dépendance permet de ne pas faire d'erreur. Erreur ? Oui, celle d'écouter cette petite voix qui dit "ah mais juste une, c'est bonnn"... bah non, ce n'est pas bon. Une seule et c'est reparti.
Pas de place à l'ennemi. On le combat, et on ne lâche rien.
A ceux qui ont déjà craqué pour la fameuse "juste une pour me prouver que je peux tenir", repartez !
Pour les autres, n'essayez même pas, elle finira par gagner. Elle finit toujours par gagner lorsqu'on se pense beaucoup plus fort que cette addiction qui nous a pourtant contrôlé depuis 5, 10 voire même 30 ans...
Il faut donc éviter pendant au moins trois semaines tous ces lieux qui pourraient vous faire retomber.
C'est l'occasion pour les remplacer par d'autres comme marcher en pleine nature, aller à la salle de sport, regarder un bon film, travailler quelques heures de plus, méditer, prier, chanter l'entièreté de sa playliste Spotify, mais bref, tout sauf des lieux où l'on fume, boit et répète à chaque détour de tête "Toi, arrêter ?", "Tu ne fumes plus ? Vraiment ? On en reparle dans 2 semaines non ?"
Pour en finir avec la cigarette, il faut avoir de l'humilité. Oui, cela fait mal à l'ego de le reconnaître, qu'en fait on s'est menti à soi-même toutes ces années lorsqu'on se répétait que l'on pouvait arrêter quand on le souhaitait… Si c'était vraiment le cas, cela ferait bien longtemps qu'on n'y aurait plus touché.
Cette quarantaine ne durera qu'un temps. Comme pour le point précédent, la temporalité d'un objectif aide à l'atteindre plus facilement, alors là aussi, on s'y tient pendant 21 jours, un peu avant, un peu après. Cela va surtout dépendre d'un fumeur à l'autre, de son environnement, de ses amis, de ses habitudes. Mais cette fois-ci, vous arrêtez pour de bon, alors autant mettre toutes les chances de votre côté. Et puis 3 semaines ça passe vite, vous verrez.
Conseil 5 : Ne pas rester seul !
Parce que l'on se sent "tellement" plus sociable et à la fois si peu lorsqu'on arrête… Ce conseil n'est pas en contradiction avec le précédent.
Il s'agit d'éviter tout rapprochement avec une odeur d'un mégot de cigarette encore incandescent qui lorsqu'on est en manque pourrait bien encore servir si vous voyez ce que je veux dire… Mais arrêter de fumer n'est pas une punition ! Il ne s'agit pas de rester enfermé pendant 3 semaines et définir cette décision qui va changer le reste de votre vie, comme une période de dépression profonde. Il faut simplement céder aux ambiances où l'odeur de fumée de cigarette serait trop présente.
Et si l'odeur du tabac vous dégoûte déjà, la vue d'une personne qui fume pourrait être très bien devenir une tentation difficile à supporter pour l'ex-fumeur que vous êtes. Ne pas rester seul pendant son sevrage , peut aussi vouloir dire :
- Rejoindre une thérapie individuelle
- Entreprendre une thérapie de groupe
- Se connecter à un groupe de soutien
Est-ce dangereux d'arrêter la cigarette d'un jour à l'autre ?
Si la question est "Est-ce que je prends un risque en arrêtant la cigarette d'un jour à l'autre ?", la réponse est non. La dépense ce n'est pas un choix de vie. C'est une proposition que l'on se doit de refuser lorsqu'elle se présente à nous, et lorsqu'on y a déjà goûté, alors il faut tout faire pour s'en délier.
Continuer à fumer est le plus gros risque que vous prenez. Et plus vous retardez, plus vous perdez confiance en votre capacité à rompre avec la cigarette du jour au lendemain. Retenez que :
- Ce ne sont pas uniquement les autres qui y arrivent
- Le cap des trois semaines peut aider à arrêter plus facilement
- Fuir les tentations maximisera vos chances de réussite
- Restez positif, le problème n'est pas d'arrêter mais de continuer à fumer.
Cette méthode est passée au crible dans notre classement : Sevrage brutal vs sevrage progressif. Toutes les méthodes : le classement complet.