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24 janvier 2023

Addiction au tabac : ce que vous devez savoir

Addiction tabac

La cigarette ment à votre cerveau. 

Elle lui dit que vous aimez fumer, que vous trouvez le goût doux et agréable, et que si vous n’en allumez pas une maintenant, tout de suite, vous risquez de passer à côté de quelque chose…

Tout cela entre dans ce qu’on appelle le processus d’addiction

Vous êtes peut-être en plein dedans. 

Nous vous expliquons ce qu’engendre uneaddiction au tabac et comment s’en libérer.

Vous venez peut-être de fumer votre toutedernière cigarette  !

Pourquoi la cigarette nous rend-elle addict ?

On pourrait penser qu’une personneaccro est plus faible ou plus influençable que les autres. 

C’est plus complexe que ça. 

Il existe autant d’addicts qu’il existe d’addiction. 

Autant de raisons d’essayer que de raisons qui empêchent d’arrêter. Une perception erronée courante est que l’addiction est un choix ou un problème moral, et qu’il suffit de s’arrêter. Mais rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Dr George Koob, National Institute of Health 

Toutes les drogues sont particulièrement perverses. Le tabac, lui, fait partie des pires. 

L’état de manque s’installe en réponse à un système de récompense activé dans le cerveau par une substance active comme la nicotine. 

L’essai se transforme alors en habitude. L’habitude se transforme en besoin. Le cerveau n’est alors intéressé que par une seule chose : être stimulé, encore et encore. 

Cette stimulation est ultra-puissante en raison des substances psychoactives qui agissent dans le cerveau comme système de récompense. Dans le cadre de la cigarette, la récompense se veut rapide et quasi instantanée (moins de 10 secondes). 

“Moi ? Addict au tabac ? J’arrête quand je veux” ou les premiers signes de l’addiction

Bon, s’il ne fallait garder qu’un seul signe de la dépendance à la cigarette , ce pourrait être celui-ci. 

Pourquoi ? Parce que le goût de la cigarette est le même depuis la première à la dernière. Il n’a pas changé. Pourtant, on continue inlassablement d’allumer cigarette sur cigarette. 

Donc ce goût que vous détestiez au début, vous devriez aussi le détester aujourd’hui. 

Sauf qu’entre temps, votre cerveau a changé, il s’est habitué. La nicotine, elle, a depuis fait son travail pour lui faire croire que finalement le goût n’était pas si mauvais, et qu’il pouvait être supportable, voire agréable.

Mais c’est faux. La preuve, tous les fumeurs qui arrêtent de fumer pendant plusieurs jours et qui reprennent ensuite se forcer sur quelques cigarettes pour se réhabituer au goût. 

Le fait de pouvoir dire “arrêter quand je veux” n’est évidemment pas le seul signe d’addiction. 

On pourrait citer : 

  • irritabilité, 

  • sensation de manque, 

  • perte de contrôle sur la fréquence de consommation

  • consommation excessive et/ou régulière

Les facteurs à l’origine de l’addiction au tabac

L’usage abusif du tabac entraîne une perte de liberté et engendre de nombreuses pathologies. 

Il convient de rappeler que la cigarette est l’une des 6 drogues les plus addictives. 

Une formulation explosive pour le cerveau qui va recevoir en quelques secondes une dose de dopamine importante dont il aura bien du mal à se défaire par la suite. 

La cigarette, tout comme l’alcool, est une substance addictive que l’on se force parfois à consommer dans un premier temps, mais pour laquelle il sera par la suite très difficile de s’éloigner. 

Une fois le processus de dépendance installé, la personne entre dans une phase appelée en anglais “craving” (un désir irrésistible, une envie de fumer profonde qui dépasse l’entendement et la raison, ce désir est urgent et parfois vital).

Les 3 facteurs majeurs pouvant expliquer une dépendance au tabac sont :

**L’environnement personnel  **: avoir un parent fumeur est un élément pouvant multiplier les risques de consommer à l’âge adulte. 

La raison est simple, ce qui est acceptable peut alors être reproduit. L’usage considéré comme normal, ou récréatif au sein de certaines familles favorise la normalisation de la consommation de tabac. 

La disponibilité et l’accessibilité du produit créent un terrain propice à la découverte, et donc une exposition plus importante à la substance nicotinique. 

L’environnement familial donc, mais aussi amicale. Le cercle d’ami et la pression sociale que l’on rencontre notamment à l’âge de l’adolescence peuvent pousser à rapprocher d’une cigarette que l’on ne côtoie pourtant pas obligatoirement à la maison.

Mais attention, la transgression d’un interdit pousse aussi de nombreux ados à vouloir essayer. C’est alors qu’ils mettent le doigt dans un engrenage infernal… 

La vulnérabilité individuelle  : La drogue joue le rôle d’un bon ami, d’un confident, celui sur qui on peut compter en toute circonstance. C’est évidemment faux. 

On ne se sent pas mieux en fumant. Par contre, la répétition va créer cet ami imaginaire, ce monstre même, qui va combler tout ce qui semble nous manquer dans notre quotidien. 

Cela est bien évidemment lié à la puissance de la substance psychotrope, mais peut aussi trouver des réponses dans des traumatismes passés. 

Les déclencheurs extérieurs  : ils sont nombreux. La pression du groupe, le besoin de se créer une fausse contenance en public ou encore des événements perturbateurs sont autant de facteurs déclencheurs de l’addiction au tabac. 

Ils peuvent être émotionnels (comme le stress ou la dépression), non voulus par la personne mais engendrés par des causes externes.

addict cigarette

Peut-on développer une addiction au tabac après une seule cigarette? Vraiment?

L’ADN joue un rôle dans l’attirance, la persistance et l'adoption d'un comportement addictif à la cigarette

Nous ne sommes pas logés à la même enseigne. Certains terrains génétiques sont plus enclins à abuser d’une substance que d’autres. Cela ne veut pas dire que quelques individus sont condamnés à la naissance, cela signifie simplement qu’ils doivent être plus vigilants. 

Une comparaison facile peut être faite avec l’alcool. Certains peuvent le supporter mieux que d’autres, c’est génétique. Une personne qui peut mieux absorber la substance est plus susceptible de devenir accro qu’une personne qui ne la supporte pas ou mal.

Cependant, le facteur génétique ne peut pas justifier à lui seul une dépendance au tabac. Le savoir permet simplement d’en être conscient et de faire davantage attention.

Le mieux est évidemment de ne jamais commencer. Le risque augmente considérablement avec le nombre de cigarettes fumées et la fréquence à laquelle on fume. 

Alors, est-ce grave de fumer une cigarette  ? Selon une étude canadienne, une seule cigarette peut suffire pour qu’un jeune devienne accro à la nicotine, et cela, avant même d’être un fumeur régulier. Une étude qui a mobilisé près de 1293 lycéens.

Le risque en vaut-il la peine ? La première cigarette est un premier pas vers l’accoutumance, qui elle-même est la porte d’entrée vers une addiction sévère.

Les conséquences de l’addiction à la nicotine dans votre vie

Avant d’aborder les conséquences, il est important de passer en revue les composants chimiques que l’on retrouve dans une cigarette et qui vont alors justifier les problèmes de santé que l’on va évoquer. 

  • Monoxyde de carbone: c’est un gaz qui est produit lorsque la cigarette se consume, qui réduit l’apport d’oxygène dans le sang 
  • Gaz acrylique: c’est un produit chimique cancérigène qui est produit lorsque la cigarette est allumée 
  • Gaz ammoniac: c’est un produit chimique qui est utilisé pour augmenter la l'effet de la nicotine
  • Gaz acétone: c’est un produit chimique qui est utilisé comme solvant Gaz cadmium: c’est un métal qui est utilisé pour renforcer les filtres des cigarettes 
  • Gaz de formaldéhyde 
  • Gaz benzène 
  • Gaz polonium 210
  • La nicotine: elle devient addictive lorsqu'elle est couplé aux autres substances présentes dans le tabac

Entre autres. C’est dire. 

A présent, regardons d’un peu plus près les conséquences de l’addiction au tabac

Les fumeurs sont plus petits

Toujours selon l’étude NICO, la cigarette ralentirait la croissance chez les garçons. En effet, les ados qui fument 10 cigarettes par jour seraient en moyenne 5 cm moins grands que les non-fumeurs. 

Les fumeurs ont plus de risque d’avoir un cancer

Le tabagisme est un facteur de risque important pour plusieurs types, notamment le cancer du poumon, de la gorge, de la vessie, du rein, du pancréas, et de l’estomac. 

Fumeur et diabète

Ce que l’on connaît moins, c’est qu’une importante consommation de cigarettes peut marquer l’apparition du diabète. Les fumeurs sont sujets à développer un diabète de type 2.

La nicotine présente dans les cigarettes peut augmenter les taux d’insuline et de glucose dans le sang, ce qui peut causer une insensibilité à l’insuline. Cela se traduit par une réponse moins efficace des cellules à l’insuline, ce qui peut entraîner une accumulation de glucose dans le sang.

Le risque de développer un diabète de type 2 est 37 à 44 % plus élevé chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs. 

Fumer tue… vos relations

On connaît l’irritabilité du fumeur lorsqu’il ne peut pas s’en griller une, un symptôme classique de dépendance à la nicotine. Parfois on s’en amuse, on se moque, mais cette irritabilité qui survient lorsque l’on devient esclave de cettesubstance psychoactive n’a pourtant rien pour faire rire. Elle est à l’origine des tensions dans nos relations personnelles nourrissant un peu plus un stress qui va finir par s’installer et avec l’une, cette envie irrésistible de fumer.

La cigarette attaque l’estime de soi

 Parce que les conséquences sont moins visibles que toutes les autres addictions, la cigarette est souvent perçue comme moins destructrice que les autres. 

C’est tout le contraire. Elle va démolir petit à petit laconfiance en soi du fumeur , l’image qu’il a de lui-même. 

Nombreux sont les accros au tabac à commencer leur journée en se faisant la promesse de ne plus jamais toucher une cigarette de leur vie, et finalement finir à en allumer une toute dernière… puis recommencer, le lendemain, le même combat psychologique. Un combat que beaucoup ne gagneront peut-être jamais.

addicte

Comment soigner une addiction au tabac ?

Parfois, on cherche quelle est la pire cigarette de la journée à supprimer, en se disant que si on arrive à ne pas l’allumer, peut-être que cela sera suffisant pour initier l’arrêt définitif… 

Pourtant, il n’y a rien de plus efficace que de soigner une addiction au tabac en stoppant tout d’un seul coup. 

Cette solution est souvent source d’angoisse pour les fumeurs qui voient en elle une manière trop brutale, une façon de se soigner par la souffrance… ce n’est pas tout à fait vrai. 

Oui, la cigarette électronique**** montre d’assez bons résultats dans le sevrage tabacologique. 

Oui, certains substituts fonctionnent plutôt bien. 

Mais rappelons un chiffre : à un 1 an, les fumeurs ne sont que 20 à 30% à être totalement libérés de leur dépendance.

Toutes méthodes confondues. 

Pourquoi ? Parce que la plupart encouragent un sevrage lent et progressif qui entretient ce lien si complexe entre la personne addicte et le tabagisme. 

Selon une étude américaine, les fumeurs qui arrêtent du jour au lendemain ont 20 % de chances en plus de ne plus jamais retoucher une cigarette de leur vie comparée à ceux qui choisissent la méthode progressive. 

Il faut compter en 6 et 12 mois pour considérer le fumeur comme ancien fumeur

Pour mettre fin à l’accoutumance au tabac, il est important de comprendre :

  • Qu’il est possible de cesser de fumer définitivement
  • Que la cigarette crée un faux besoin
  • Qu’il n’est pas nécessaire de prendre des substituts nicotiniques
  • Qu’il n’y a aucune honte à se faire accompagner (tabac info service : 39 89)

Pour réduire les envies de fumer des premiers jours, les premières fringales aussi, pensez à :

  • Lire
  • Prier
  • Marcher
  • Reprendre une activité passion
  • Retrouver du plaisir dans les choses simples
  • Vous aimer

Les accros à la cigarette passent en moyenne 150 minutes de leur journée à inhaler de la fumée toxique. 

Arrêter permet donc de gagner deux heures de son temps que l’on peut passer à faire des choses qui comptent pour soi et pour les autres.

Qu'importe le nombre de rechutes, la voie de l'abstinence est toujours la meilleure à suivre.