Humeur dépressive · Établi par la littérature
Humeur dépressive après l'arrêt du tabac
2 à 4 semainesL'humeur dépressive fait partie des symptômes de sevrage validés, sur 2 à 4 semaines. La Haute Autorité de santé attache à cette mention une note de bas de page qui compte : « Ne pas confondre avec un épisode dépressif caractérisé. »
Cette distinction n'est pas une précaution de rédaction, c'est la ligne entre un symptôme transitoire et un trouble qui relève d'un médecin.
Ce que disent les référentiels
La Haute Autorité de santé, l'organisme public qui fixe les recommandations des médecins en France, liste « humeur dysphorique ou dépressive » en premier dans les manifestations pouvant apparaître à l'arrêt brutal du tabagisme.
La synthèse internationale de référence classe l'humeur dépressive parmi les sept symptômes validés, pic dans la première semaine, durée 2 à 4 semaines.
À moyen terme, les scores de dépression sont plus bas
26 études ont comparé, avant et après, des fumeurs qui ont arrêté et des fumeurs qui ont continué. Chez ceux qui ont arrêté, les scores de dépression sont plus bas, la qualité de vie psychologique et l'humeur positive sont meilleures.
L'écart mesuré est du même ordre que celui obtenu par un traitement antidépresseur.
Une limite à connaître avant de tirer un trait de cause à effet : ces 26 études observent des personnes, elles ne les répartissent pas au hasard entre deux groupes. Elles montrent que l'arrêt et une meilleure santé mentale vont ensemble, pas que le premier produit la seconde.
Quand consulter sans attendre
Ce site documente des méthodes et des symptômes. Il n'interprète pas ton humeur.
Une humeur basse qui persiste au-delà de la fenêtre de sevrage, qui s'aggrave, qui s'accompagne de perte d'intérêt durable, de troubles du sommeil installés ou d'idées noires : consulte un médecin, sans délai. Ne reste pas à attendre que ça passe parce qu'une page a écrit « ça dure 4 semaines ».
En cas de détresse immédiate, le 3114 (numéro national de prévention, gratuit, 24h/24) et le 15 existent pour ça.
Ce que recommande la Haute Autorité de santé
La Haute Autorité de santé recommande de favoriser le soutien psychologique pour prendre en charge les troubles liés au sevrage et d'orienter vers un spécialiste des TCC si besoin (en 2014). La TCC est une méthode évaluée sur ce site, voir tCC et accompagnement : le multiplicateur.
Sources
- HAS, « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence en premier recours », argumentaire scientifique, octobre 2014. Consulter la source
- Hughes JR, « Effects of abstinence from tobacco: valid symptoms and time course », Nicotine & Tobacco Research, 2007, 9(3), p. 315-327. Consulter la source
- Taylor G et al., « Change in mental health after smoking cessation: systematic review and meta-analysis », BMJ, 2014, 348:g1151. Consulter la source
Pour aller plus loin
Cette fiche décrit ce que documente la littérature, elle ne pose aucun diagnostic et ne donne aucun dosage. Pour une aide au sevrage, Tabac Info Service (39 89), gratuit.