10 mai 2023
Arrêt tabac et dépression : ce n'est pas toujours ce qu'on croit
Vous n'êtes plus tout à fait le même... Votre entourage ne vous reconnaît plus... Oui, vous avez arrêté de fumer, mais votre humeur, elle, a bien changé.
Une dépression causée par le sevrage ? Non, c'est d'ailleurs tout le contraire. La cigarette vous maintient dans un état dépressif et fait tout pour vous garder dans cet état sans même que vous ne vous en rendiez compte...
Ne vous laissez plus piéger !

La cigarette est-elle un bon antidépresseur ?
Les effets des antidépresseurs sont les mêmes que ceux du tabac sur votre cerveau. Ils vont modifier le fonctionnement des neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la noradrénaline, qui agissent directement sur lesystème nerveux pour calmer et apaiser la personne.
L’exact effet produit par la nicotine ou par les inhibiteurs de monoamine oxydase (IMAO) présents dans la fumée de cigarette.
Mais il y a un problème... car si les premières cigarettes vous aident à vous apaiser, les suivantes ne seront pas suffisantes. Vous devrez alors fumer, encore et encore. À peine écrasée, vous pensez déjà à la prochaine que vous pourrez allumer.
La cigarette est un faux ami. Elle ne fait que cacher les véritables raisons de votre mal-être, elle vous ment en vous faisant croire que si vous vous sentez déprimé, c'est parce que vous avez pris la décision de la quitter... C'est tout le contraire, et nous allons vous le prouver.
J'ai peur de faire une dépression si j'arrête de fumer...
Nous venons de voir que fumer peut aider à se détendre et à se relaxer. Sauf que dans la réalité... la cigarette va aussi créer des envies toujours plus intenses et placer le fumeur dans un état de stress quasi permanent. C'est un sentiment persistant où la personne dépendante est tiraillée entre l'envie de fumer et le désir profond d'arrêter.
Les déséquilibres chimiques dans le cerveau provoqués par la cigarette sont pires que la sensation de plaisir éphémère. C'est une sensation que le fumeur va vouloir retrouver à tout prix, quitte à se dégoûter des autres plaisirs réels de la vie. Pour le fumeur, plus rien ne compte, si ce n'est de pouvoir prendre sa dose toutes les 30 minutes. La cigarette crée un faux besoin.
Après les attentats du 11 septembre 2001, les personnes ayant augmenté leur consommation de cigarettes en raison du stress et de l'anxiété liés aux événements tragiques ont également été les plus nombreuses à développer un état de stress post-traumatique.
Arrêter de fumer pendant une dépression, bonne idée ?
La dépression peut vous mener à deux choses :
- Commencer à fumer
- Fumer beaucoup plus
La cigarette est un amplificateur de la déprime.
L'arrêt du tabac quant à lui peut vous aider à :
- Limiter le stress
- Réduire les épisodes anxieux
L'arrêt est associé à une diminution de la dépression, de l'anxiété et du stress , ainsi qu'à une humeur positive retrouvée et à une meilleure qualité de vie.
Le comité national va même plus loin en déclarant que : l'effet de l'arrêt du tabac sur les troubles de l'humeur est égal, voire supérieur, à celui d'un traitement par antidépresseurs.
Ils ont mené une étude avec des résultats assez intéressants. Chez les fumeurs ayant arrêté :
- L'anxiété a baissé de 37 %
- La dépression de 25 %
- le stress de 27 %.
Le double visage de la cigarette
La cigarette est classée combien parmi les drogues les plus addictives au monde. Rien que ça. En effet, la nicotine associée aux additifs du tabac se place au 3ème rang des substances les plus addictives du monde, juste derrière la cocaïne et l'héroïne.
Pourtant, en France, ce sont plus de 15 millions de fumeurs. Mais tous ne manifestent pas de symptômes dépressifs pour autant.
Cela s'explique par deux phénomènes.
Le premier, c'est ce que les scientifiques appellent le paradoxe de Nesbitt qui montre que la cigarette génère des changements physiologiques et psychologiques contradictoires. Elle produit à la fois un effet relaxant et stimulant.
Le second vient du fait que la nicotine aurait un double effet gratifiant et aversif. Cela signifie que plus une personne fume, plus elle a envie de fumer, mais aussi plus elle a envie d'arrêter. Un sentiment contradictoire que le cerveau doit gérer, entraînant une charge mentale énorme chez la personne dépendante au tabac.
La cigarette devient donc à la fois la maladie et le remède. D'un côté, elle stimule le cerveau, qui ressentira un manque intense lorsqu'il sera privé de la substance, et de l'autre côté, le tabac est capable par lui-même de calmer les envies de fumer une fois la fumée inhalée.
Elle nourrit à la fois le stress, l'anxiété, la déprime , et répond parfaitement aux émotions négatives en envoyant un shoot de dopamine dans le cerveau.
Anxiété généralisée pendant le sevrage, aidez-moi !
Il est donc possible que la cigarette n'ait fait que cacher votre anxiété. Le tabagisme est souvent le résultat de l'effet de groupe, et parfois le remède à un mal profond que l'on n'arrive pas à identifier.
Cependant, le fait d'avoir arrêté de fumer peut déclencher certains symptômes dépressifs comme la tristesse, un état de spleen, de lassitude voire de désespoir... Bah oui, cela fait des années que votre vie est rythmée par les pauses clopes. Des années qu'après un bon repas vous en allumez une. Des années et là, tout d'un coup, plus rien. C'est une habitude de vie qui s'envole. Vous savez que cela est pour votre bien, pourtant au fond, vous avez mal.
Chacun vit différemment son sevrage. Cesser de fumer représente un bouleversement important. Votre routine de vie n'est plus la même, les endroits que vous fréquentiez ont changé, vos amis aussi peut-être.
Ça fait beaucoup d'un seul coup... Et c'est tout à fait normal. Le processus de désintoxication va à la fois déclencher de la frustration du fait de ne pas pouvoir fumer de cigarettes, mais aussi de la déception de vous dire que peut-être, vous n'arriverez plus jamais à profiter comme avant. Ah, ça aussi c'est un mensonge du tabac !
Les fumeurs pensent qu'arrêter de fumer, c'est accepter d'être un peu moins heureux qu'avant. C'est tout le contraire.
Cette étude publiée en 2015 par exemple, montre que les parents non fumeurs... Les parents qui avaient arrêté de fumer se sentaient alors plus heureux, non pas uniquement du fait de ne plus être addict, mais aussi et surtout parce qu'ils étaient libérés du fait que leur dépendance représentait un risque pour leurs enfants, qui étaient exposés aux tabagismes passifs.
La cigarette vous rend non seulement esclave physiquement, mais vous enchaîne aussi dans une culpabilité mentale extrêmement toxique au quotidien.
Arrêt tabac et dépression au bout de 6 mois, c'est normal ?
Arrêter de fumer, c'est redécouvrir sa personnalité, réapprendre à compter sur soi-même dans certaines situations stressantes ou inconfortables. Et ça, ce n'est pas toujours agréable.
Le tabagisme transforme le caractère d'une personne, c'est indéniable. Il donne une fausse confiance en soi qui n'est en réalité qu'une béquille psychologique pour couvrir ses propres peurs et angoisses face à la réalité.
Et 6 mois après votre arrêt, vous y êtes en plein dedans... Vous avez tenu ces premières semaines sous l'excitation de ce que vous étiez en train d'accomplir, mais aujourd'hui, l'excitation passée, vous vous demandez pourquoi arrêter ?
Pourquoi vous faire autant de mal pour quelques cigarettes ?
La raison pour laquelle vous aviez pris cette décision n'est plus aussi claire maintenant...
Vous doutez de votre capacité à tenir les 6 prochains mois...
Vous doutez même de votre motivation à le faire.
La dépression affecte profondément l'humeur, les pensées et le comportement. Votre regard change sur les choses. Cette nouvelle perception du quotidien n'est pas toujours brutale, il peut simplement s'agir d'un ras-le-bol le matin dès le réveil, d'une absence de motivation pour entretenir des relations sociales, etc.
Il est possible que vous souffriez d'un sentiment dépressif avant même d'avoir arrêté la cigarette. Il est aussi probable que d'autres facteurs de votre vie vous ont poussé à ressentir cette fatigue psychologique intense. Mais ce n'est certainement pas le tabac qui va vous aider à vous sentir mieux. Pire encore, refumer une cigarette vous donnerait un sentiment de culpabilité qui finirait par vous assommer moralement.
6 mois sans tabac, c'est un cap.
Mais vous n'avez pas besoin d'une cigarette pour vous sentir mieux. Vous avez simplement besoin de redonner du sens à votre sevrage.
Arrêt tabac... des effets secondaires curieux sur notre humeur
Fatigue, manque d'énergie, blues... Ce n'est sans doute pas tout à fait ce que vous aviez imaginé lorsque vous avez pris la décision de ne plus jamais fumer pour le reste de votre vie.
Le tabagisme crée de la dépendance, cette dépendance engendre des troubles hormonaux et neuronaux qui affectent votre état psychique. Mais pas de panique, ce n'est que passager.
De même, si vous pensez avoir perdu votre joie de vivre depuis que vous avez abandonné la cigarette, laissez-vous du temps pour vous détacher complètement de la dépendance psychologique et physique. La dépression est un état qui se manifeste par une profonde tristesse qui perdure, une perte d'intérêt ou de plaisir pour les activités quotidiennes et une baisse d'énergie. Ce peuvent aussi être des symptômes du sevrage.
Vous n'êtes pas en train de tomber malade, vous êtes sur le point de vous détacher des liens d'une addiction qui vous a retenu prisonnier depuis des années.
Prenez le temps de penser à autre chose, de faire autre chose... comme vous éloigner des news à la TV, des polémiques sur les réseaux sociaux. Essayez de marcher seul dans la nature, de consacrer du temps à des moments de silence. Le temps aussi de découvrir la foi, les bienfaits de la prière.
Et retenez que la grande majorité des témoignages d'anciens fumeurs évoquent le fait que le sevrage est beaucoup plus facile que ce qu'ils n'imaginaient avant même d'avoir démarré.
Respirez, vous êtes (presque) libéré !