10 mars 2023
Vrai ou faux : arrêter de fumer provoque le cancer ?

Le nombre de cigarettes fumées en moyenne est passé de 12 à 9 par jour depuis 2015. Une progression encourageante mais loin, très loin d'être suffisante.
Fumer quotidiennement pendant plusieurs années d'affilées augmente considérablement le risque de cancer.
Mais qu'en est-il lorsque l'on arrête ? Un ancien fumeur peut-il aussi développer une maladie liée au tabagisme ?
La liste des cancers liés au tabagisme
Chez les adultes âgés de 30 ans et plus, une proportion considérable de cas de cancer - soit plus de 66 000 - est directement imputable à la consommation de tabac.
Un fléau sociétal qui touche plus particulièrement les hommes, avec 54 000 cas chaque année (12 000 chez les femmes). Ces données sont alarmantes et soulignent l'importance de la prévention et de la sensibilisation à propos des dangers du tabagisme.
Il faut également savoir qu'un adolescent qui commence à fumer a 50 % de chances de mourir avant 70 ans d'un cancer ou d'une maladie associée au tabac.
La consommation répétée de cigarettes engendre une multiplication anarchique de cellules qui finiront par former une tumeur maligne. La plupart du temps, il s'agit d'un cancer du poumon. Mais pas toujours.
On attribue plus de 17 cancers à la cigarette :
- Cancer du poumon
- Cancers de la bouche, de la gorge, du nez et des sinus
- Cancers de l'œsophage
- Cancers de la vessie, du rein et de l'uretère
- Cancer du pancréas
- Cancer de l'estomac
- Cancer du foie
- Cancer du col de l'utérus et de l'ovaire
- Cancer du côlon et cancer colorectal
- Cancer du sang : leucémie myéloïde aiguë (1/5)
Une chose est sûre, ne pas stopper la cigarette immédiatement expose votre santé à un danger permanent. Mais que peut-on dire des risques après des mois voire des années d'abstinence ?
Arrêter de fumer provoque le cancer, que disent les médecins ?
C'est sans doute une drôle d'affirmation que vous avez vue passer dans un magazine ou en lisant un article sur internet...
Arrêter de fumer à 40 ans, à 50 ans ou avant est et restera toujours la meilleure décision à prendre.
Toutefois, pour être tout à fait transparent, les ex-fumeurs peuvent avoir un cancer même après avoir abandonné la cigarette depuis plusieurs années.
Les conséquences de longues années à fumer ne s'éliminent pas comme ça, tout d'un coup. Le corps a besoin de temps pour nettoyer les effets néfastes du tabac.
Les spécialistes considèrent, par exemple, qu'après 5 ans d'arrêt du tabac, le risque de tumeur au poumon diminue de moitié par rapport à un fumeur actif. Mais évidemment, le danger n'est pas totalement éliminé le temps que le poumon puisse se régénérer à 100 %.
Arrêter de fumer provoque-t-il le cancer ? Non, au contraire, l**'espérance de vie** augmente et le risque de contracter une maladie diminue drastiquement après 5 ans. Cependant, arrêter de fumer ne signifie pas être à l'abri des conséquences de toutes ces années passées à fumer des cigarettes.
De plus, la période de sevrage ne doit pas réduire la vigilance quant à l'état de santé de l'ancien fumeur. Pour faire baisser le risque de cancer après l'arrêt , il ne faut pas négliger les dépistages et les consultations régulières chez le médecin.
Bien que la personne ayant cessé de fumer se sente généralement plus en forme qu'avant, un contrôle régulier permet de mieux prévenir les maladies liées à l'addiction passée et/ou de pouvoir traiter les cellules cancéreuses.
Cigarette et cancer : au bout de combien de temps peut-on tomber malade ?
L'idée reçue du jour : près de 60 % des personnes interrogées pensent que le nombre de cigarettes fumées par jour est plus dangereux que la durée totale du tabagisme. C'est malheureusement faux.
En réalité, c'est l'exposition prolongée aux substances cancérigènes qui est plus toxique. On sait, par exemple, que le risque d'avoir une tumeur maligne au poumon n'est que de 2 % chez les fumeurs ayant arrêté à 30 ans.
Écraser sa dernière cigarette avant l'âge de 40 ans permet de gagner 9 ans d'espérance de vie.
Réduire sa consommation ne peut pas faire de mal, mais n'expose pas moins le fumeur à des maladies graves. Le lien entre cigarette et cancer est clairement prouvé, notamment en raison de la toxicité de la feuille de papier et du tabac chauffé à presque 800 degrés.
Moins fumer , c'est aussi pouvoir protéger sa peau, la couleur de ses dents et moins encrasser ses poumons de goudron et autres dépôts chimiques présents dans la fumée de cigarette. Mais là encore, le risque mortel lié à la consommation de tabac est toujours aussi important.
Quel est le meilleur âge pour arrêter de fumer ?
Il n'est jamais trop tard pour abandonner sonaddiction au tabac. Votre organisme a la capacité de réparer toutes les années détruites par le tabac. Cesser de fumer à 50 ans permet de gagner 6 ans d'espérance de vie, ce qui n'est pas négligeable.
La dépendance enferme le fumeur dans une habitude morbide. Plus l'addiction est prolongée, moins la personne addict est en mesure de s'en détacher. La pause clope devient un besoin au même titre que dormir ou manger.
Cet attachement à la cigarette complexifie le sevrage mais ne le rend pas impossible, bien au contraire. Si l'habitude est bien présente, le ras-le-bol, lui, est certainement plus important à 50 ans qu'à 20 ans. La détermination aussi.
Un avantage considérable, puisque la dimension psychologique de la dépendance est responsable à 95% de l'addiction au tabac.
De même, il n'est jamais trop tôt pour se libérer de son addiction. Les jeunes fumeurs pensent pouvoir maîtriser leur consommation, garder le contrôle et stopper quand ils le veulent… Pourtant, au même titre que les fumeurs plus âgés, seuls 10% arriveront à arrêter définitivement.
Deux bienfaits de l'arrêt tabagique pour votre santé :
1. Un meilleur sommeil
Tout comme le café, la cigarette est une drogue qui stimule le système nerveux. Une étude a été menée pour comparer la qualité du sommeil chez les fumeurs et les non-fumeurs de cigarettes.
Un nombre significatif de fumeurs présentaient une qualité de sommeil mauvaise à médiocre et des troubles du sommeil plus fréquents que chez les non-fumeurs. Le tabac a un double effet pervers, d'un côté elle va stimuler le cerveau et de l'autre, la sensation de manque va perturber le sommeil du fumeur.
Les fumeurs sont également ceux qui souffriront plus facilement d'apnée du sommeil et de ronflement. Après l'héroïne et la méthadone, la cigarette est la troisième drogue avec la plus forte dépendance physique. Rien que ça.
Évidemment, cela aura une incidence sur votre corps pendant la phase d'endormissement et pendant la nuit. La cigarette va augmenter l'irritabilité, l'anxiété, nourrir un sentiment dépressif… à l'origine de troubles du sommeil par rumination.
Pire, le manque de sommeil est un facteur aggravant dans le processus d'addiction, rendant la personne encore plus dépendante à la substance qu'elle ne le serait avec un sommeil de qualité.
2. Une meilleure prise de décision
Et si la cigarette influençait votre manière de penser et d'agir ? Vous y avez déjà songé ?
Un fumeur va orienter sa journée en fonction du nombre de cigarettes qu'il fume. Pour un gros fumeur qui en allumerait une vingtaine par jour, cela représente presque 2 heures dans sa journée… Donc pas le choix, il faudra bien trouver ses 120 minutes en se dépêchant à faire les choses, en refusant d'en faire certaines…
Pire encore, si un fumeur n'a pas de cigarettes ou s'il ne peut pas en acheter, il préfèrera rester chez lui, manquer son bus et être en retard pour avoir le temps de terminer sa clope…
Fumer vous donne l'impression de ne plus avoir le contrôle de votre emploi du temps et de vos activités.
Vous devez fumer avant tout, et le reste vient après...
Cesser de fumer vous offre non seulement 120 minutes de vie en plus par jour pour faire ce que vous voulez, et vous aide également à prendre de meilleures décisions dans votre quotidien sans avoir à changer tous vos plans simplement pour allumer cette cigarette...
Si chaque année passée sans fumer, ce sont des risques en moins, l'ancien fumeur n'est pas à l'abri de contracter une maladie liée à toutes ses années de tabagisme.
Toutefois, le plus grand danger ce n'est pas d'arrêter, mais de continuer.