8 avril 2023
Quel est le jour le plus difficile après l'arrêt du tabac ?

Arrêter la cigarette n'est pas toujours une partie de plaisir. Mais finalement, continuer à le faire vous procure t-il autant de satisfaction que vous le pensez vraiment ?
Pas certain.
C'est la raison pour laquelle, il n'existe pas de jour plus compliqué que l'autre pour mettre fin à votre addiction.
On vous explique tout ça.
Le jour le plus pénible lorsqu'on arrête de fumer (n'existe pas!)
Si vous êtes en plein sevrage tabagique et que les premiers jours vous ont paru une éternité, pas de panique, cela ne va pas durer.
Si au contraire, vous souhaitezarrêter de fumer mais que vous hésitez par peur de ne pas pouvoir résister au manque des premiers jours, nous allons rétablir la vérité.
Il n'existe aucun jour plus compliqué pour arrêter de fumer que lorsque vous avez écrasé votre dernière cigarette. Car le plus dur n'est pas de tenir mais de faire le premier pas. L'envie de fumer n'est rien à côté du fait de se le répéter qu'il faut arrêter de la cigarette tous les jours pendant des semaines, des mois entiers... parfois pendant des années sans jamais y arriver.
Lessymptômes de manque n'auront aucun impact sur votre sevrage si la raison pour laquelle vous stoppez est plus forte que votre envie d'en allumer une.
Si vous êtes conscient des dommages que cause le tabagisme sur votre santé physique et mentale, il n'y aura pas vraiment de jour plus difficile que l'autre après l'arrêt.
Si vous êtes conscient que fumer n'est pas un besoin mais un mensonge envoyé par votre cerveau, alors du jour 1 à l'arrêt total, vous ne rencontrerez pas de grande difficulté à abandonner votre dépendance.
Si vous comprenez que ce n'est pas difficile de ne plus fumer une seule cigarette, alors la sensation de craving engendrée par l'abstinence ne pourra pas diminuer cette motivation qui vous a poussé à arrêter.
Aucun fumeur ne veut souffrir du manque de tabac. C'est la raison pour laquelle ils n'arrêtent pas. Parce que oui, qui aime sentir l'odeur de tabac froid toute la journée? Avoir un goût de brûlé dans la bouche? Personne.
Si peu de fumeurs arrêtent, c'est souvent parce qu'ils redoutent le manque. C'est cette même peur qui permet notamment de vendre des patchs et autres substituts nicotiniques...
Pourtant, si vous demandez à des anciens fumeurs, beaucoup jugent leur sevrage plus facile qu'ils ne l'imaginaient.
Les 4 moments les plus durs après l'arrêt du tabac
Qu'on se comprenne bien, stopper son addiction n'est pas facile. Par contre, il n'existe pas un jour en particulier plus dur que les autres. On va surtout parler de phases de sevrage, de moments qui, selon le profil de fumeurs, peuvent amener à la rechute.
Moment 1 : La décision
Pour dire "j'arrête !", il faut avoir une prise de conscience. Comprendre que la cigarette prend trop de place dans notre vie et qu'elle vient pour détruire notre vie, celle de notre entourage... Sauf que dit comme cela, on pourrait penser que faire ce choix est facile, ça ne l'est pas.
Pourquoi ? Parce qu'un fumeur est une personne addict sous le contrôle d'une substance psychoactive. Une petite voix va lui répéter en permanence que "ce n'est pas si grave de fumer", et qu'il faut bien mourir de quelque chose.
Cette même petite voix qui vous dira que vous êtes incapable de vous en libérer ou que ce n'est pas "encore le bon moment".
C'est ce qu'on appelle le mécanisme de l'addiction.
Prendre la décision de se sevrer du tabac est la première étape, sans doute la plus importante, de tout le processus d'abstinence définitive.
Moment 2 : Les 72 premières heures
Vous êtes là face à vous-même, face à ce cendrier vide. Certains seront galvanisés par cette décision qui va changer le reste de leur vie. D'autres, au contraire, vont se demander si ça vaut vraiment le coup de se faire du mal juste pour "ça"...
Ce ne sont pas tant les symptômes physiques du manque qui seront durs à réfréner, mais le combat psychologique qui vous demande de laisser tomber, qui vous dit que vous avez essayé, mais que ce sera pour une autre fois...
Sachez qu'après seulement 3 jours, la nicotine est déjà éliminée de votre sang. Une première victoire qui va permettre de rendre la suite de la désintoxication moins difficile.
Moment 3 : La première année
Un an ! Une victoire mais attention, c'est aussi au bout de 365 jours que l'on observe le plus de rechutes. Alors que les fumeurs sont environ 40 % à tenir jusqu'à 6 mois, ils ne seront plus que 6 % à 1 an.
Au début, on sait pourquoi on fait ça. Après presque une année, il est possible que l'on oublie les raisons qui nous ont poussés à arrêter la cigarette.
On peut alors facilement se laisser tenter pour une clope, juste une, et remettre le doigt dans l'engrenage... Pour certains, une, c'est juste une et cela ne va rien changer. Mais pour vous ? Vous n'en savez rien, et cela peut être le commencement de plusieurs années de tabagisme.
Moment 4 : Pendant toute une vie
Si votre situation personnelle a bien évolué passé 1, 2 ou 3 ans sans tabac, dans votre tête, souvent de manière inconsciente, la cigarette peut être une solution anti-stress, une béquille psychologique, une aide pour booster votre sociabilité... bref tout un tas d'informations fausses mais que votre cerveau d'ancien addict garde en mémoire.
Non, vous n'êtes plus fumeur, non, vous n'avez aucun lien avec la nicotine et les autres substances toxiques, mais il vous faudra rester vigilante. Jamais de taffe pour essayer, jamais une seule cigarette pour tester. Rien. Ne lui laissez aucune chance !
Quelle est la durée d'un sevrage tabagique ?
Le tabac engendre une addiction. Le cerveau du fumeur développe alors un manque lorsqu'il ne reçoit pas sa substance psychoactive.
C'est notamment la raison pour laquelle sortir de sa dépendance n'est pas toujours évidemment. D'autres facteurs psychologiques , notamment la relation que l'on entretient avec la cigarette, comme l'incapacité à ne rien faire en public, le besoin d'être stimulé en permanence, etc.
La durée du sevrage peut donc varier d'un individu à un autre. Cependant, il existe des données scientifiques pour nous éclairer sur ce sujet :
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La dépendance physique , en moyenne, s'étend du jour 1 au jour 30
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La dépendance psychologique peut durer jusqu'à 250 jours (8 mois) parfois plus.
Comment mieux supporter les envies de fumer ?
Lejour le plus difficile après l'arrêt du tabac n'existe donc pas, il s'agit plutôt des périodes de sevrage qui peuvent amener le fumeur à refumer une cigarette, puis deux, puis un paquet entier...
La décision d'arrêter de fumer est la première étape, mais ce choix n'est pas facile pour les fumeurs qui sont sous l'emprise d'une drogue qu'ils consomment depuis des années…
Mais bonne nouvelle ! Vous n'êtes pas seul face à la toxicomanie. Oui, on parle bien de toxicomanie, même si ce mot peut faire peur. Le toxicomane est atteint d'une maladie caractérisée par l'utilisation compulsive et répétée de substances psychoactives, comme l'est le tabac ou d'autres drogues.
Il est possible de bien vivre son sevrage, aussi étonnant que cela puisse paraître. Tous les fumeurs qui tentent de cesser de fumer ne tombent pas en dépression. C'est d'ailleurs le contraire, puisque la science montre aujourd'hui que le tabagisme est un des facteurs aggravants de la dépression chez les sujets addicts.
On y revient une nouvelle fois, mais il est essentiel de se rappeler pourquoi vous avez pris cette décision pour maintenir votre motivation à long terme et vous débarrasser définitivement de votre dépendance.
Car vous pouvez tester tous les substituts possibles et imaginables, si dans votre tête vous n'êtes pas prêt de briser ce lien avec la nicotine... il ne se passera rien sinon une longue période de frustration et des envies de fumer qui ne s'estomperont que périodiquement.
Anticiper une baisse de dopamine
Chaque taffe va libérer de la dopamine. Alors que l'on sait depuis longtemps qu'elle agit comme hormone du plaisir, on oublie parfois d'indiquer que la dopamine est à l'origine des mouvements volontaires. Il s'agit de l'envie ou non de faire quelque chose.
Si vous êtes fumeurs, vous avez certainement déjà vécu ça au moins une fois dans votre vie.
Le contexte : vous n'avez plus de cigarettes, les tabacs sont tous fermés, et vous avez une soirée de prévue.
Votre émotion : L'angoisse commence à monter, vous vous sentez incapable de vous y rendre si vous ne pouvez pas fumer…
Le résultat : vous finirez par annuler en trouvant une excuse dont vous n'êtes pas le plus fier.
Maîtriser ces pics de dopamine permet donc de retrouver un niveau de motivation équilibré qui ne dépend pas d'une surstimulation artificielle provoquée par la consommation de tabac.
Car ce qui se passe dans votre cerveau de fumeur :
- Le signal déclenche l'idée de fumer une cigarette.
- L'envie d'en allumer une devient alors obsessionnelle.
- Vous fumez donc une cigarette et vous vous sentez mieux en partie grâce à la libération de dopamine.
- Votre cerveau associe alors la cigarette comme meilleure réponse au signal du point 1.
Puisqu'il est important de réapprendre à vivre sans dépendre de plaisirs éphémères qui provoquent des pics de dopamine, il est vivement recommandé d'éviter les comportements excessifs qui pourraient causer une forte libération de dopamine en phase de sevrage, tels que les jeux vidéo ou la consommation excessive de sucre ou de fast-food.
Éviter de reproduire de anciennes habitudes
Les associations sociales font référence aux liens entre l'utilisation du tabac et les interactions sociales dans votre quotidien.
Par exemple, les fumeurs peuvent associer la cigarette à des activités sociales comme sortir entre amis, participer à des pauses cigarette entre collègues de travail, parler au téléphone, etc. Le fumeur qui ne pourrait pas fumer pourrait alors se sentir frustré… C'est certainement ce qui va se passer les premiers jours pendant l'arrêt.
Lorsque le fumeur est privé de sa cigarette dans ce type d'interactions sociales, il peut facilement ressentir de la frustration, en particulier au cours des premiers jours de l'arrêt.
Ces associations sociales peuvent rendre plus difficile le sevrage par peur de perdre leur place dans le groupe ou de passer à côté des plaisirs de la vie, voire même de se penser incapable de conserver un lien avec les autres sans avoir une cigarette à la main...
Alors, non, fumer ce n'est pas un plaisir ! Ne laissez pas votre cerveau vous mentir !
Au début du sevrage, il peut être préférable d'éviter les interactions sociales qui rappellent son passé de fumeur, mais cela ne signifie pas que cela sera nécessaire une fois que l'arrêt du tabac sera définitif.
Le jour le plus dur n'est-il pas finalement celui que vous commencez en vous répétant sans cesse qu'il vous faut arrêter de fumer et que vous terminez avec une cigarette allumée entre vos doigts ?
Comme un échec de plus qui se reproduira certainement le jour d'après…