9 juin 2023
fumer et allaiter, ce que les mamans doivent savoir
Vous souhaitez reprendre la cigarette, mais vous avez également choisi de donner le sein à votre enfant... alors la peur se mêle à la culpabilité de mettre votre santé en danger.
Sans surprise, fumer et allaiter ne font pas bon ménage. Mais au lieu de simplement le dire, laissez-nous vous l'expliquer.

Le tabac peut-il affecter la qualité du lait maternel ?
Lorsque l'on parle d'allaitement , on parle évidemment de lait, celui de la maman. Il faut en distinguer trois :
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Le colostrum , communément appelé la montée de lait, se produit les 3 premiers jours.
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Le lait transitionnel , qui remplace le colostrum jusqu'à 4 semaines.
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À la 5e semaine, on parle de lait mature , avec une production qui peut s'étendre de plusieurs mois à plusieurs années.
Ces trois phases du lait chez la mère vont être fragilisées par de nombreux facteurs tels que l'alimentation ou encore le stress, et sans oublier le tabagisme.
Diminution des défenses immunitaires
Le tabac actif affecte le colostrum produit par les glandes mammaires durant les premiers mois de grossesse. Le tabac diminue la concentration en cytokines dans le lait, qui jouent un rôle essentiel dans le renforcement des défenses immunitaires du bébé. L'enfant sera plus sensible aux infections.
Bébé plus maigre
Le poids des bébés est aussi concerné par le tabagisme. Les femmes qui fument auront tendance à donner naissance à des enfants plus maigres. Cela peut être dû à une quantité moindre de lipides présents dans le lait maternel. La consommation de tabac pendant l'allaitement modifie la composition et la qualité du lait de manière globale.
Sommeil perturbé
Selon cette étude, les bébés de mères fumeuses dormiraient 30 minutes de moins durant les siestes, comparées aux autres, en raison notamment de la présence de nicotine dans le sang et des propriétés stimulantes qu'on lui connaît. Les acides aminés présents dans lelait maternel aident l'enfant à fabriquer de la mélatonine, hormone du sommeil.
La nicotine contrecarre de manière significative ce processus naturel, entraînant une perte pouvant aller jusqu'à 35 % de sommeil en moins. Ainsi, fumer avant l'allaitement diminuerait la qualité du sommeil et la longueur des siestes.
Remplacer son lait par du lait infantile, bonne ou mauvaise idée ?
Si vous n'arrivez pas à arrêter de fumer pendant l'allaitement , il est possible que vous soyez tenté par la solution du lait en poudre.
Que vous fumiez ou non, ne vous posez pas la question et préférez toujours nourrir votre bébé avec votre lait maternel. Les avantages sont bien trop importants, et ce même si votre tabagisme réduit la qualité nutritionnelle.
On rappellera que la composition du lait maternel s'adapte aux bébés lorsque ce dernier est malade en produisant des anticorps.
Allaiter pendant au moins 8 semaines réduit de moitié le risque de mort subite du nourrisson ou mort inattendue du nourrisson (MIN) qui touche entre 250 à 350 bébés chaque année avant 4 mois.
Et comment ne pas évoquer l'attachement émotionnel auquel les mamans mêmes fumeuses se priveraient si elles décidaient à contre cœur de ne pas allaiter en raison de leur addiction au tabac.
Ne pas fumer avant, ni pendant, ni après l'allaitement. C'est le conseil numéro 1.
Le second est celui-ci : ne pas remplacer le lait maternel par autre chose sauf contre-indication médicale (infection, traitement médicamenteux, etc.).
Est-ce que fumer avant d'allaiter réduit les risques ?
Si la nicotine commence à diminuer 60 minutes après la dernière cigarette, la cotinine, qui est le composant chimique absorbé par l'organisme provenant de la nicotine, et tout autant toxique, ne disparaît qu'après 12 heures. Entre-temps, ce produit de dégradation de la nicotine se déplace dans le lait maternel.
Les mamans fumeuses doivent comprendre que le plus dangereux n'est pas la quantité, mais la durée du tabagisme. Fumer une cigarette par jour pendant 20 ans est aussi dangereux que de fumer 1 paquet par jour pendant 2 ans. Ce qui crée la maladie, c'est le contact régulier avec les substances toxiques de la cigarette.
Fumer 1 cigarette par jour et allaiter
Vous dire que la prolactine diminue ou que fumer favorise l'écoulement mamelonnaire, une sorte d'abcès du sein qui rend impossible les tétées… ne vous convaincra certainement pas.
Bah oui, ça fait 9 mois que vous vous retenez de fumer une cigarette. 9 mois de grossesse sans une seule clope… mais vous vous étiez promis de vous récompenser une fois la période de gestation terminée…
Oui mais voilà, vous n'y avez pas vraiment pensé à l'allaitement. C'était loin, vous pensiez trouver une autre solution, pourquoi pas voir ces envies de fumer disparaître après l'accouchement, mais rien. Vous avez tenu, mais une fois le nourrisson dans vos bras, elles sont revenues. Comme si la raison qui vous avait poussé à arrêter de fumer pendant la grossesse avait disparu, comme ça, d'un coup.
Alors, vous avez craqué. Vous avez refumé.
Quelques cigarettes, puis aujourd'hui vous n'êtes plus capable de vous arrêter. Alors vous souhaitez faire un compromis avec vous-même, une cigarette par jour, pas une de plus.
Sauf que, en tant que fumeuse, vous le savez, une cigarette toutes les 24 heures, c'est un défi difficile à tenir. Vous augmentez la frustration. Comme un régime pour lequel on se prive de tout. Alors vous allez avoir encore plus envie de fumer, et il sera encore plus difficile de tenir.
Une seule cigarette par jour, c'est mieux qu'un paquet, qu'on soit d'accord.
Mais une seule cigarette peut avoir de graves conséquences sur la mère :
Le risque d'accident vasculaire cérébral associé à une cigarette par jour est de 34% pour les femmes.
Les mamans qui fument augmentent également de 31% le risque de maladie cardiaque.
On dénombre jusqu'à 7000 substances chimiques dans une cigarette. Si l'on ne s'attarde que sur la nicotine, qui n'est pas la plus nocive d'entre toutes, on s'aperçoit qu'elle peut à elle seule causer de nombreux problèmes au foie et aux poumons du nourrisson, une diminution de la tolérance au glucose, etc.
Une seule cigarette pendant l'allaitement sera toujours moins dangereuse que 20. C'est certain. Une seule, c'est déjà une de trop, mais aussi et surtout, une dont vous pouvez vous passer facilement.
Vous pensez certainement le contraire, qu'il est plus difficile d'arrêter de fumer quand on allaite. Selon certaines études scientifiques sur le sujet, l'arrêt tabagique progressif offre de moins bons résultats que le sevrage d'un seul coup. Celle-ci menée en 2013 montre que stopper radicalement augmente de 25 % les chances de se sevrer définitivement.
Allaiter et fumer une cigarette maintient la mère dans un état de manque, de frustration, et l'expose elle et son bébé à de nombreux problèmes de santé.
On parle ici d'une seule cigarette. Le risque est multiplié par le nombre de cigarettes fumées dans une journée ainsi que le nombre d'années de tabagisme.
Comment remplacer la cigarette quand on allaite ?
L'arrivée du bébé, le changement d'habitude, le stress, l'envie de bien faire... à cela il faut rajouter l'arrêt de la cigarette. Ça fait beaucoup.
Ce qui compte pour le moment, c'est de ne pas mettre la tête dans le sable en se disant que la clope n'est pas vraiment un problème. Au contraire, vous souhaitez mettre fin à cette addiction qui vous tient depuis des années.
Ce bébé, c'est certainement la meilleure occasion pour vous d'écraser votre dernière cigarette. Il y a des moments comme ça dans la vie où l'opportunité de changer ne se produira peut-être pas deux fois.
Il est important, avant toute chose, de démystifier l'arrêt tabagique. Ce n'est pas aussi difficile qu'on vous le fait croire. Et pour en être convaincu, posez simplement la question à la personne la plus proche de vous qui a arrêté depuis un bon moment. Demandez-lui si elle ne pensait pas que ce serait plus difficile avant de se lancer, comparé à son ressenti plusieurs mois après.
Rentrer dans des calculs du nombre de cigarettes ou du temps nécessaire entre les tétées et les pauses clopes ne va faire qu'augmenter votre anxiété dans cette situation.
Au contraire, prenez la décision de ne plus retoucher une seule cigarette de votre vie.
Aujourd'hui.
3 astuces pour arrêter de fumer pendant l'allaitement
Si fumer et allaiter n'est pas recommandé, ce n'est pas non plus une raison pour remplacer la cigarette par tout et n'importe quoi. Pendant l'allaitement, tout ce que vous ingérez le sera par votre bébé via le lait maternel. Il faut donc être vigilante.
On s'attaque au geste de fumer en le remplaçant par un bâton de cannelle ou d'anis à mâcher. 100 % naturel et 100 % sans risque.
En ce qui concerne l'envie de fumer , il est conseillé de stimuler son cerveau pendant la phase de sevrage pour compenser la nicotine qui jouait ce rôle auparavant. Parmi les activités cognitives les plus intéressantes, on retrouve : la méditation, la prière, le jeu d'échecs, écouter de la musique.
Reprenez-vous d'un professionnel de santé pour connaître les substituts naturels que vous pouvez ingérer pendant la lactation. Il n'y a pas de contre-indication pour le thé vert, par exemple. Il s'agit d'un excellent substitut du tabac, notamment grâce à la présence de L-théanine et son effet relaxant.