6 mars 2023
Arrêter de fumer sans patch, trop dur ?
Le verdict scientifique sur cette méthode

Et si c'était possible ? Oui, si finalement arrêter de fumer sans substitut était la meilleure méthode pour vous libérer définitivement de la cigarette ?
Un argument : mettre un patch maintient le lien avec la substance responsable de votre dépendance physique et psychologique.
La solution : comprendre pourquoi vous avez passé tant d'années à fumer et trouver une solution pour diminuer les envies de cigarette pendant la période de sevrage.
La réponse dans cet article.
Patch nicotine : est-ce obligatoire pour réussir son sevrage ?
Certains arrêtent du jour au lendemain. D’autres sont incapables.
70 % des fumeurs veulent arrêter de fumer. Une statistique intéressante montrant que la plupart n’ont pas abandonné l’idée de se libérer de leur addiction.
Mais ce chiffre montre également toute la perversité de la cigarette qui finalement met le fumeur dans un état de totale soumission face à sa dépendance au tabac.
Continuer à fumer alors que l’on souhaite arrêter… savoir que l’on se fait du mal mais être incapable d’y mettre fin.
Vous avez décidé de briser votre lien avec le tabac ? Bonne nouvelle ! Maintenant, vous vous demandez certainement comme réussir votre sevrage et ne pas rechuter au bout de quelques semaines à cause d’une envie trop forte d’en rallumer une…
Les aides anti-tabac ne manquent pas : cigarette électronique, gommes, inhalateurs, sans oublier les patchs à la nicotine.
Qu’est-ce qu’un patch ?
Un patch à la nicotine est une forme de substitut nicotinique qui est utilisé pouraider les fumeurs à arrêter de fumer. Il s’agit d’un petit timbre adhésif qui est collé sur la peau et qui libère progressivement de la nicotine dans le corps du fumeur.
Mais qu’en est-il de l’efficacité des patchs ?
“Sans patch je n’arrive pas à arrêter de fumer…” nombreux sont les fumeurs qui se pensent incapables de se retenir de fumer sans leur dose quotidienne de nicotine collée sur le bras.
Pourtant, les patchs ont une efficacité controversée. Certaines études contredisent d’autres, le taux de sevrage passe du simple au double… pas évident de s’y retrouver.
On peut toutefois tabler sur un taux de réussite autour de 5–6 % selon les individus et l’importance de leur addiction.
Cette étude montre par exemple que la e-cigarette serait plus efficace que les patchs de nicotine. Tout en sachant que la cigarette électronique contient du propylène glycol qui peut être extrêmement toxique s’il est chauffé à une température extrême.
Une autre indique que les substituts nicotiniques comme les patchs augmenteraient les chances d'abandonner son addiction entre 50% et 60%. Mais pour combien de temps ? Et une fois le patch retiré, que se passe-t-il ?
Sans oublier les effets secondaires des patchs pouvant entraîner des inflammations cutanées, un excès de nicotine dans le sang, des maux de tête, des vomissements, des troubles du sommeil…
Les substituts et autres aides pour cesser de fumer ne sont pas des produits magiques, pire, des études montrent que le fumeur n'est pas addict à la nicotine seulement mais à la nicotine lorsqu'elle est associée aux autres substances présentes dans le tabac.
Le fumeur est donc sous l’emprise du tabac de cigarette et non pas de la nicotine qui isolée n'aurait aucun pouvoir addictif. Et c’est ici toute la contradiction des patchs.
Car le but n’est pas seulement de résister, mais plutôt de mettre fin à son addiction définitivement et ne plus avoir à lutter contre le craving, cette envie irrésistible, presque maladive, d'allumer une cigarette.
5 conseils pour arrêter la cigarette sans patch
Arrêter de fumer sans rien est possible. Ce n'est pas réservé qu'aux petits fumeurs ou à ceux qui ont une plus grande motivation que les autres.
L'arrêt de la cigarette sans aide va simplement demander une approche différente. On ne va plus chercher à se retenir de fumer, mais l'on va comprendre les mécanismes du tabac à fumer sur notre cerveau pour s'en détacher plus facilement et utiliser des méthodes naturelles pour limiter les envies de fumer trop fortes.
Conseil n°1 : N'en parlez pas tout de suite à votre entourage
Ce qu'il y a de pire dans le fait de refumer une cigarette après une longue période d'arrêt, c'est la déception dans le regard des gens qui nous entourent. Personne ne veut décevoir ses proches.
Annoncer sa tentative d'arrêt, c'est se mettre une pression supplémentaire parfois inutile.
Si vous n'en êtes pas à votre premier essai, il est possible que vous n'osiez pas démarrer un nouveau sevrage de peur des remarques de votre entourage ou de possibles moqueries.
Le tabagisme est une addiction complexe. Seuls les fumeurs peuvent comprendre la difficulté à arrêter définitivement.
Laissez passer 15 jours, trois semaines, et commencez à en parler autour de vous.
Conseil n°2 : Les substituts naturels existent !
On le sait, fumer libère de la dopamine. Au lieu de chercher à tout prix à limiter les envies de cigarette, il peut être intéressant de prendre un substitut naturel pour booster son niveau de dopamine.
L'alimentation : pomme, banane, orange, tomate, avocat, huile d'olive, œuf ;
Les activités : lire, dormir, écouter de la musique, faire du sport ;
Les compléments alimentaires : tyrosine, citicoline.
Conseil n°3 : Évitez les déclencheurs
Pour vous, c'est peut-être le café après le repas, pour d'autres ce peut être de fréquenter un lieu précis, consommer de l'alcool ou conduire pendant des heures...
Les déclencheurs vont engendrer une réaction émotionnelle plus ou moins importante chez le fumeur.
En période de sevrage, mieux vaut éviter les tentations. La plupart atteindront un pic de sensibilité élevé, raison pour laquelle on peut s'emporter plus facilement, ressentir une forte irritation pour des choses sans importance... Votre cerveau a associé pendant des mois voire des années la cigarette au plaisir, à la détente, à des moments de solitude.
Plus vous y serez confronté, plus vous devrez résister. Et ce n'est pas ce que vous voulez. Si arrêter de fumer sans effort n'est pas toujours possible, le but n'est pas d'augmenter la difficulté du sevrage tabagique en se mettant au milieu de situations à risque.
Le stress ou les disputes sont également deux déclencheurs auxquels il faudra faire très attention les premières semaines.
Conseil n°4 : Fixez-vous une date pour votre arrêt
Cette étude scientifique nous aide à mieux comprendre les rôles de la planification et son influence sur la réussite de la tentative d'arrêt.
Les résultats sont assez probants. En effet, décider en avance d'une date précise pour stopper la cigarette permettrait d'augmenter ses chances d'être sevré de 5 % supplémentaires. Une toute petite technique dont les résultats ne sont pas négligeables.
Le fait de planifier permettrait donc de mieux se préparer psychologiquement au long chemin du sevrage et de ses possibles effets sur nos habitudes quotidiennes. Le fumeur serait alors moins surpris et mieux armé pour affronter les envies de fumer.
Conseil n°5 : Rechuter ce n'est pas échouer, c'est apprendre
On dit souvent qu'il faut plusieurs tentatives pour cesser de fumer. Il est possible que cette fois-ci ne soit pas la bonne mais pas de panique.
Être capable de ne pas toucher une cigarette plusieurs jours va envoyer un message positif à votre cerveau et lui dire que oui, vous aussi vous êtes capables de vous retenir de fumer.
Pour chaque rechute, il est important de comprendre les raisons qui vous ont poussé à allumer cette nouvelle cigarette.
Mieux vous connaissez vos faiblesses, plus il sera facile de prolonger le sevrage lors de votre prochaine tentative. L'échec ce n'est pas toujours négatif. Ce sont ceux qui n'ont jamais essayé d'arrêter de fumer qui n'ont jamais rechuté.
Vous au contraire, vous vous êtes battu pendant des journées entières pour ne pas retourner acheter ce paquet de cigarettes.
Fumer tue votre cerveau !
Il est important de comprendre que fumer ce n'est pas "juste" dépenser beaucoup d'argent pour pas grande chose ou s'exposer inutilement à de graves problèmes de santé… Fumer des cigarettes c'est aussi limiter ses propres capacités intellectuelles.
Plus une personne fume, moins ses récepteurs nicotiniques fonctionnent correctement. Cette désensibilisation est un problème car les récepteurs nicotiniques sont essentiels aux fonctions cognitives complexes telles que l'attention, l'apprentissage, la consolidation de la mémoire.
La nicotine, qui donne son nom à ces récepteurs, va les mettre en action, et se refermeront une fois l'effet du tabac dissipé. Le problème c'est n'est pas comme cela que fonctionne notre cerveau.
Les récepteurs nicotiniques réagissent sous l'effet de la dopamine produite de manière naturelle. Si ces mêmes récepteurs deviennent trop sensibles à la nicotine, alors, leur activité par production de dopamine sera considérablement réduire avec des risques de perte de mémoire, de trouble de l'attention, des difficultés à apprendre etc.
Oui fumer rend accro, provoque des cancers et tue votre cerveau à petit feu.
Quelle est la méthode la plus efficace pour arrêter de fumer ?
La meilleure méthode pour arrêter de fumer sans substitut n'existe pas. Elle va dépendre de l'addiction de chacun. Toutefois, on peut dégager deux grands principes pour construire une méthode pour arrêter le tabac naturellement.
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**Comprendre les raisons à l'origine de son addiction **: cesser de fumer pendant plusieurs semaines sans avoir compris ce que le manque que la cigarette vient combler en nous réduit les chances de s'arrêter définitivement.
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Trouver une motivation qui dépasse le fumeur lui-même : arrêter pour donner une bonne image à ses enfants, pour reprendre le contrôle sur sa vie, pour réaliser un projet personnel etc.
La cigarette n'a aucun pouvoir sur vous sinon celui que vous lui accordez. Rien ni personne ne peut vous obliger à fumer.
Vous en n'avez pas besoin et serez plus heureux une fois avoir arrêté.
Et ça vous le savez déjà.
Cette méthode est passée au crible dans notre classement : Substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, spray, inhaleur). Toutes les méthodes : le classement complet.