20 mai 2023
Radio poumon du fumeur : n'attendez pas d'avoir un cancer !
Parce qu'uneradiographie thoracique pourrait révéler nos craintes, les fumeurs ont tendance à l'éviter.
Pourtant, la cigarette tue 75 000 personnes en France chaque année. Se faire dépister n'est donc pas option.
On pense souvent que la maladie ne peut toucher que les autres, jusqu'au jour où l'on voit apparaitre une petite tache sur la radio...

Le lien entre tabagisme et cancer du poumon
La cigarette est responsable de 8 cancers du poumon sur 10. Rien que ça !
Le cancer broncho-pulmonaire est la première cause de mortalité par cancer en France. Le tabagisme est aussi la première cause de cancer évitable dans le monde.
Vous l'aurez compris, le tabac tue, rend malade, et s'il ne le fait pas, il détruit nos poumons petit à petit.
La fumée de cigarette et ses plus de 4 000 agents nocifs vont agresser les tissus pulmonaires, à savoir les bronches et les bronchioles. Le tissu va littéralement s'inflammer, puis se reconstruire.
Mais ce processus de régénération pulmonaire a des limites, et lorsque le corps ne peut plus réparer les dégâts du tabac , l'inflammation peut conduire à l'apparition de cancers.
La consommation de tabac encourage également la mutation de l'ADN du fumeur, à l'origine de la formation d'une tumeur. Le tabagisme affecte nos cellules.
Pour rappel, l'ADN est présent dans chacune d'elles. Chaque destruction ou modification cellulaire aura une conséquence sur notre organisme. Les produits chimiques présents dans la fumée de tabac, tels que les agents cancérigènes, peuvent interagir directement avec l'ADN et causer des mutations génétiques irréversibles.
Chaque année supplémentaire à fumer engendre 100 nouvelles mutations de l'ADN chez le fumeur.
Comprendre le cancer en 2 minutes chrono !
Le cancer est une maladie caractérisée par une croissance et une multiplication anormales des cellules dans le corps. Elle débute toujours par la formation d'un amas de cellules que l'on appelle tumeur.
Ces mêmes cellules deviennent prolifératrices et compétitives par rapport aux cellules saines. La tumeur va alors attaquer un organe, les poumons par exemple, c'est alors qu'il y a cancer. Si des cellules cancéreuses se propagent à d'autres organes, une tumeur secondaire se développe. C'est ce qu'on nomme une métastase.
Une modification de l'ADN peut avoir plusieurs facteurs comme la génétique, l'alimentation et… le tabagisme, bien évidemment.
4 stades évolutifs du cancer pulmonaire :
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Stade 1 : La tumeur est localisée et de petite taille, sans propagation aux ganglions lymphatiques ou aux tissus environnants
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Stade 2 : La tumeur est plus volumineuse que dans le stade 1, mais n’a pas encore atteint les ganglions lymphatiques ou les tissus avoisinants
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Stade 3 : La tumeur a envahi les ganglions lymphatiques proches ou les tissus environnants, mais n’a pas encore formé de métastases à distance
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Stade 4 : Des métastases se sont formées, c’est-à-dire que des cellules cancéreuses se sont propagées à d’autres organes éloignés de la tumeur d’origine
Moins le stade d'avancement de la maladie est élevé, plus les chances de survie sont grandes. En chiffres, 80 % des personnes atteintes d'un cancer sont toujours en vie cinq ans après le diagnostic. Les avancées médicales permettent aujourd'hui de vivre presque normalement avec un cancer, mais surtout de pouvoir le soigner.
Pour ce qui est du cancer du poumon, les données sont moins favorables, avec une espérance de vie plus faible pour les fumeurs atteints d'un cancer du poumon. Là aussi, le stade du cancer va impacter l'espérance de vie du patient.
De 90 % à 10 % selon l'évolution du cancer, la formation de métastases, ou que la personne soit encore fumeuse ou non.
Comment se rendre compte que l'on a un cancer du poumon ?
Les symptômes d'un cancer ne sont pas toujours évidents à repérer. Parfois, une simple toux sera associée à une bronchite, un rhume ou simplement attribuée à l'addiction.
Des maux de tête chroniques, une fatigue anormale, des problèmes cutanés... ce sont des signes de tumeur qui peuvent ressembler à n'importe quelle autre maladie.
Laradiographie des poumons d'un fumeur permet de mettre en évidence ce que l'examen clinique ou la biopsie ne permettent pas toujours de détecter. Il s'agit d'une radiographie classique de la cage thoracique.
Pour un examen plus poussé, le médecin peut préconiser une IRM, où le patient devra alors passer une tomodensitométrie qui consiste à obtenir des images détaillées des poumons. C'est un examen durant lequel des rayons X sont envoyés dans le corps pour obtenir une image détaillée de l'intérieur. Un scanner des poumons peut parfois révéler une petite tache blanche... qui devra alors être traitée.
L'imagerie par scanner est aujourd'hui la solution la plus fiable pour vérifier l'état de santé chez le fumeur.
Est-ce qu'une seule radiographie des poumons suffit pour détecter un cancer ?
Non. Si les techniques d'imagerie médicale ont progressé depuis plus de 10 ans, toutes les tumeurs ne pourront pas être détectées après une radio des poumons d'un fumeur. En raison de leur taille, de leur composition tissulaire ou d'un mauvais positionnement, la radiographie d'un poumon malade ne révélera malheureusement pas toujours la présence d'une tumeur ou le début d'un cancer.
C'est la raison pour laquelle effectuer des examens de dépistage du cancer du poumon est indispensable, mais surtout, de le faire régulièrement pour prévenir à temps tout problème de santé plus important et ne pas se contenter d'une simple radio.
Il faut savoir que 40 % à 55 % des cas sont révélés beaucoup trop tard, généralement au stade IV, le stade le plus critique de la maladie...
Le dépistage doit être effectué tous les 2 ans au minimum et consiste en une radiographie ou un scanner des poumons pour les fumeurs. Pour les gros fumeurs de longue date, une radiographie des poumons chaque année est vivement conseillée.
IMPORTANT : Selon plusieurs études, la tomodensitométrie apporte de meilleurs résultats par rapport à la radiographie thoracique dans le dépistage du cancer du poumon chez les fumeurs. Il est intéressant d'en discuter avec un professionnel de santé pour choisir la solution la plus adaptée.
Bien comprendre également que la non présence opacité ou de tâche suspecte sur la radio ne signifie pas toujours qu'il y a absence de tumeur. Des examens complémentaires doivent être menés.
Guérir d'un cancer du poumon, c'est possible !
Tous les fumeurs le savent. La cigarette tue des millions de personnes dans le monde, précisément 8 millions.
Elle est également responsable de dizaines de cancers, plus de 15 types. Alors, quand il s'agit de faire un bilan de santé et de passer une radiographie des poumons, il est normal d'être un peu réticent à l'idée de rencontrer un radiologue, surtout si c'est la première fois que l'on passe sous les rayons X, par peur du diagnostic, par peur de devoir arrêter de fumer , par peur de la maladie.
Pourtant, attendre est la pire chose que vous puissiez faire. Les chances de rémission au stade 1 sont presque trois fois supérieures par rapport à un cancer de stade 4. Sans surprise, plus la prise en charge de la maladie est précoce, plus le traitement sera efficace.
La solution pour ne plus redouter le passage sous le scanner est de mettre un terme à son addiction, d'écraser sa toute dernière cigarette.
La régénération cellulaire est un processus naturel efficace après un sevrage tabagique puisqu'après 10 ans, il permet de réduire de 50 % les risques de cancer du poumon.
Mieux encore, si vous arrêtez avant l'âge de 30 ans , vos chances de contracter un type de cancer pulmonaire descendent à 2 % (3 % avant 40 ans).