Anxiété · Établi par la littérature
Anxiété après l'arrêt du tabac
2 à 4 semainesL'anxiété est un symptôme de sevrage validé, sur une fenêtre de 2 à 4 semaines. Passé cette phase, les données vont dans l'autre sens : chez les personnes qui restent abstinentes, les scores d'anxiété mesurés sont plus bas que chez celles qui continuent de fumer.
Deux échelles de temps différentes, deux résultats opposés, et les deux sont documentés.
Phase de sevrage : l'anxiété augmente
La Haute Autorité de santé, l'organisme public qui fixe les recommandations des médecins en France, liste l'anxiété parmi les manifestations pouvant apparaître à l'arrêt brutal . La synthèse internationale de référence la classe parmi les sept symptômes validés, pic la première semaine, durée 2 à 4 semaines.
La Haute Autorité de santé ajoute un point utile si tu es déjà concerné par un trouble anxieux : « Les fumeurs souffrant de troubles anxieux ont un syndrome de sevrage tabagique en moyenne plus intense que les fumeurs sans trouble psychiatrique. »
Après le sevrage : l'anxiété mesurée est plus basse
26 études ont suivi des fumeurs avant et après leur arrêt, avec des mesures prises entre 7 semaines et 9 ans plus tard. Chez ceux qui ont arrêté, les scores d'anxiété sont plus bas que chez ceux qui ont continué à fumer. Le stress baisse aussi.
Résultat notable de la même étude : l'effet ne diffère pas entre la population générale et les personnes ayant des troubles physiques ou psychiatriques.
Limite de ces résultats
Ce sont des études observationnelles, pas des essais randomisés. Elles établissent une association, pas une relation de cause à effet. Une page qui écrit « arrêter de fumer soigne l'anxiété » dépasse ce que la source autorise.
La formulation des auteurs reste au niveau de l'association : l'arrêt du tabac est associé à une baisse de la dépression, de l'anxiété et du stress.
Deux séries d'études qu'il ne faut pas enchaîner
Beaucoup de contenus enchaînent les deux blocs comme une suite logique : trois semaines d'anxiété, puis le mieux-être. Les deux séries d'études ne mesurent pas la même chose, sur les mêmes personnes, ni sur les mêmes durées. La première mesure de Taylor intervient à 7 semaines, donc après la fenêtre de sevrage.
Quand consulter
Une anxiété forte, des attaques de panique, ou un trouble anxieux préexistant : c'est un sujet médical, pas un sujet de page web. Un médecin, sans attendre. Tabac Info Service (39 89) est gratuit et peut orienter.
Sources
- HAS, « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence en premier recours », argumentaire scientifique, octobre 2014. Consulter la source
- Hughes JR, « Effects of abstinence from tobacco: valid symptoms and time course », Nicotine & Tobacco Research, 2007, 9(3), p. 315-327. Consulter la source
- Taylor G et al., « Change in mental health after smoking cessation: systematic review and meta-analysis », BMJ, 2014, 348:g1151. Consulter la source
Cette fiche décrit ce que documente la littérature, elle ne pose aucun diagnostic et ne donne aucun dosage. Pour une aide au sevrage, Tabac Info Service (39 89), gratuit.