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11 juillet 2023

Peut-on vraiment arrêter avec un chewing gum à la nicotine ?

Les gommes à la nicotine sont devenues l'alternative n°1 au tabac en France. Elles surpassent de loin les patchs ou la cigarette électronique.

Mais les chewing-gums ont un double visage. D'un côté, une simple gomme à mâcher. De l'autre, un produit à l'efficacité limitée et au potentiel addictif.

un fumeur qui se demande si les chewing gum sont efficaces

Gomme anti-tabac, c'est efficace ?

Les gommes sont lessubstituts nicotiniques les plus vendus. Elles ont détroné les patchs longtemps considérés comme l'aide anti-tabac la plus efficace.

En réalité, ce que l'on observe, c'est une combinaison des deux, avec d'un côté l'utilisation des patchs couplée à un substitut de forme orale comme les chewing-gums à la nicotine.

Ce sentiment de difficulté à arrêter de fumer, ressenti par les fumeurs, les pousse à consommer toujours plus de substituts pour compenser.

Trop souvent, ils font reposer l'intégralité de leur sevrage sur les aides tabagiques. Les premiers temps, cela fonctionne avec une compensation de nicotine produite par les gommes, mais cela ne règle qu'une partie de l'équation : la dépendance physique.

Mais qu'en est-il de l'aspect psychologique ? De l'attachement mental du fumeur au tabac ?

Le résultat est sans appel puisque seuls 15 % des fumeurs qui essaieront les gommes... arrêteront de fumer.

Cette thérapie de remplacement de la nicotine a ses limites. Pourtant, aujourd'hui, la grande majorité des tabacologues ne soignent que comme ça. Au même titre que les patchs anti-tabac, les chewing-gums à la nicotine sont prescrits de manière quasi-automatique.

Une étude a été menée sur 200 fumeurs. On les divise en deux groupes, 101 étaient traités avec des gommes à mâcher à la nicotine et 99 avec des gommes placebo. À la fin de l'étude, 18 ont arrêté de fumer définitivement. 10 font partie du groupe avec les gommes à la nicotine et 8 du groupe avec le placebo.

Cette autre étude vient confirmer le faible taux de succès de ce type detraitement contre le tabac avec seulement 9 % de fumeurs ayant arrêté leur consommation.

La différence est si mince que la question se pose sur l'intérêt des chewing-gums et peu importe la marque utilisée, que ce soit Nicorette, Nicotinell, EG ou Niquitin. Car mâcher des gommes toute la journée pour faire passer l'envie de fumer n'est pas sans danger.

Les effets secondaires des chewing-gums à la nicotine

Selon les dernières données, l'utilisation de substituts à action rapide tels que les gommes, associée à un patch à action lente de plusieurs heures, augmente les chances d'abandonner la cigarette par rapport à l'utilisation exclusive des chewing-gums. Cependant, il n'existe aucune preuve démontrant l'absence de danger de cette double thérapie nicotinique.

En effet, même les chewing-gums eux-mêmes présentent des effets indésirables qu'il ne faut pas négliger.

Un cas particulier a été étudié et concerne un homme de 29 ans qui a consommé 5 gommes à la nicotine de 2 mg chacune, deux fois par jour, pendant 4 jours. Cette consommation n'est pas excessive, étant donné que certains fumeurs peuvent en prendre jusqu'à 30 gommes contenant 4 mg de nicotine. Pourtant, le cinquième jour, il a perdu connaissance.

Bien qu'on ne puisse pas tirer de conclusion générale de cette expérience, il est néanmoins intéressant de constater que ce que l'on considère comme de simples chewing-gums ne le sont pas vraiment. Il s'agit en réalité d'un véritable traitement qui peut mettre votre santé en danger.

Il est donc important de ne pas prendre une gomme au détour d'une pharmacie sans avoir préalablement consulté un professionnel de la santé.

Si une consommation normale peut entraîner des problèmes, mâcher des gommes pendant plusieurs mois peut être associé à ce que l'on appelle l'hyperinsulinémie. La composition des gommes à la nicotine peut créer une forme de résistance à l'insuline, ce qui entraîne une augmentation du taux de sucre dans le sang. Résultat : prise de poids, fatigue, troubles de l'humeur, difficultés de concentration et même diabète.

Il convient néanmoins de noter que l'on retrouve cette même résistance à l'insuline lorsque l'on consomme des cigarettes. Le risque de développer un diabète de type 2 augmente de 37 à 44 % chez les fumeurs.

Cependant, le risque le plus important demeure celui de contracter un cancer de la bouche, de la langue, des gencives ou d'autres muqueuses buccales. Chaque gomme à la nicotine accélère un peu plus la mutation du gène FOXM1, qui est impliqué dans la régulation de nombreux processus cellulaires. La tumeur se développe lorsque les cellules mutent de manière incontrôlée.

Notre avis sur les gommes pour arrêter de fumer

Une consommation excessive n'est évidemment pas bonne pour votre santé.

Il est toujours préférable de mâcher un chewing-gum à la nicotine plutôt que de fumer une cigarette. Le tabac tue chaque année plus de 8 millions de personnes dans le monde, ce qui n'est pas le cas des gommes.

Cependant, ces dispositifs d'aide présentent deux problèmes. Le premier est qu'ils ne sont pas inoffensifs à long terme lorsqu'ils sont utilisés de manière répétée. Et le second est qu'en raison de leur action rapide, ils peuvent créer une forte dépendance. Le fait qu'ils soient sucrés entretient une forme d'addiction aux gommes chez de nombreux anciens fumeurs.

Les données scientifiques sur le sujet montrent qu'il ne s'agit pas d'un produit miracle. Un taux de succès compris entre 8 et 15 % indique que les substituts oraux ne suffiront pas à vous faire abandonner votre dernière cigarette.

La raison en est assez simple : le fumeur se repose sur ces aides plutôt que de chercher à comprendre les raisons de son addiction. Ces aides deviennent finalement un écran qui empêche la personne dépendante de résoudre profondément son attachement au tabac.

Il est important de rappeler que le sevrage n'est pas une quête impossible et que la majorité des fumeurs arrêtent sans aucun traitement ni substitut.

Cette méthode est passée au crible dans notre classement : Substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, spray, inhaleur). Toutes les méthodes : le classement complet.