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20 juin 2023

Manque de nicotine : on vous dit tout !

manque de nicotine

27 % des personnes qui essaient la cigarette deviendront accro. C'est un chiffre incroyablement élevé qui place le tabac parmi les drogues les plus addictives.

Mais de quoi devient-on dépendant ? De la nicotine ? Pas seulement.

Addiction à la nicotine, mythe ou réalité ?

Pour qu'il y ait manque , il faut qu'il y ait dépendance. L'addiction au tabac est un état de dépendance physique et psychologique aux différentes substances qui le composent. Elle se caractérise par une perte de contrôle malgré les conséquences néfastes qui en découlent.

Vous n'êtes pas addict à la nicotine mais à la nicotine couplée aux substances chimiques du tabac à fumer.

Vous n'êtes pas addict à la nicotine présente dans les e-liquides, vous êtes accro au mélange nicotine associé aux composants des produits de vapotage.

Le manque de nicotine n'est dû qu'au fait que cette dernière est ajoutée à un cocktail d'éléments qui consomment simultanément un cocktail addictif impressionnant. Et pour cause, la cigarette se classe en première position des drogues les plus addictives au monde, devant l'héroïne, la cocaïne et l'alcool.

Et puis si la nicotine prise de manière isolée rendait dépendante la personne qui en prend une dose, pourquoi personne ne devient accro aux patchs nicotiniques ? Jean Pol Tassin, neurobiologiste, directeur de recherche émérite à l'Inserm et professeur au Collège de France, confirme qu'aucune étude ne montre que nous pouvons devenir dépendants aux patchs anti-tabac.

Un élément qui vient confirmer le faible potentiel addictogène nicotine prise de manière isolée.

Comment devient-on dépendant à la cigarette ?

La première cigarette n'est jamais la meilleure. Loin de là même. Mais alors pourquoi y retourne-t-on ? Pourquoi se force-t-on à fumer si ni le goût ni l'odeur ne nous sont agréables ?

Il peut y avoir plusieurs raisons comme la pression sociale et le fait de vouloir faire comme les autres, peut-être par statut et image que l'on renvoie aux autres.

Mais la raison générale qui fait qu'un fumeur occasionnel devient un consommateur régulier, c'est évidemment le fait qu'il tombe dans l'engrenage de la dépendance, et plus particulièrement d'une substance bien identifiée : la nicotine.

Cela est possible parce que les industriels du tabac ont pensé à tout.

Du sucre pour favoriser la consommation en neutralisant le goût âpre ainsi que l'impact de la fumée de tabac dans la gorge. Les ingrédients phares ? Le chocolat, le cacao, le miel.

Plus on fume longtemps et beaucoup, plus on devient addict au produit. Il y a alors une désynchronisation entre la sérotonine et la noradrénaline, deux neurotransmetteurs qui activent la dopamine, l'hormone de croissance responsable du plaisir tant recherché par le fumeur.

Quelle est la durée de la dépendance physique à la nicotine ?

Les effets du manque de nicotine s'estompent à partir de 3 semaines. La nervosité, les tremblements, l'agitation, les problèmes de concentration, les maux de tête, etc.

L'arrêt de la nicotine a des conséquences rapides puisque le taux dans le sang du fumeur diminue dès les premières 24 heures.

Nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face au manque, et certains fumeurs peuvent ressentir des symptômes physiques du sevrage sur plusieurs semaines. Il est important de garder à l'esprit que la dépendance physique à la nicotine et aux composants du tabac diminue si l'on ne fume aucune cigarette entre-temps. Chaque petit craquage fait plus ou moins repartir le mécanisme addictif et relance ces envies intenses de fumer.

La dépense psychologique, une autre histoire

Si les fumeurs ne souffraient pas de manque de tabac , il serait évidemment plus facile de s'en libérer. La science décrit cette envie profonde d'allumer une cigarette comme étant plus intense que l'acte de fumer en lui-même. Le désir supplémente l'envie.

Le fumeur aura tendance à se créer une image faussée de la cigarette. Il va conserver les bons côtés et supprime tous les aspects négatifs.

Dans les premiers jours, on se demande pourquoi on veut arrêter alors que l'on a passé les dix dernières années à essayer de se sevrer. Paradoxe de l'addiction.

La cigarette se présente comme une amie fidèle, un allié pour combattre la solitude ou la phobie sociale. Elle n'est ni bonne pour l'un ni pour l'autre, mais l'on y croit parce que l'on s'est construit avec elle depuis l'adolescence. À 30 ans, certains auront passé plus de la moitié de leur vie une cigarette à la main. On comprend alors facilement que passer d'un paquet par jour à l'abstinence totale peut perturber le cerveau qui va se focaliser sur la meilleure manière de répondre au manque pendant le sevrage de nicotine.

Cet attachement psychologique demande un peu plus de temps que pour éteindre les symptômes physiques de la dépendance au tabac. Du temps pour effacer tous ses mensonges que la cigarette a inscrits jour après jour dans notre esprit. Pour réapprendre des habitudes saines. Du temps pour réapprendre à apprécier sa vie sans allumer une cigarette. Du temps finalement gagné avec 10 années supplémentaires d'espérance de vie.

Comptez en moyenne une année pour vous défaire définitivement du tabac.

Mais au-delà des chiffres, arrêter de fumer c'est une libération psychologique d'un attachement malsain avec une substance qui tue à petit feu.

La consommation de tabac est responsable de la dépression, d'un mal-être chronique, d'insomnies à répétition, etc. Fumer ne rend pas moins stressé, c'est tout le contraire puisque la nicotine est un produit hautement anxiogène.

Le sevrage tabagique produit des effets aussi puissants qu'un antidépresseur dans le cerveau. Ce qui pourrait vous aider à franchir le pas, pour de bon.

Et si vous décidiez d'arrêter de fumer aujourd'hui ?