24 mai 2023
Fumer 1 cigarette par jour après une opération
Vous avez terriblement envie de fumer... Le paquet est juste là, en face de vous. Vous n'avez qu'à le prendre, mais il y a un problème... Le médecin vous a fortement déconseillé de fumer une cigarette après l'opération.
Que faire ? Notre réponse.

Pourquoi ne pas fumer après une opération ?
Les complications post-opératoires ne sont pas rares. On estime à 1 % le risque de contracter une maladie en sortie de bloc.
Les infections les plus courantes sont les suivantes :
- Réactions allergiques
- Mauvaise cicatrisation des plaies
- Hémorragie
- Réaction inflammatoire excessive
- Problèmes respiratoires
Elles se développent généralement dans les 30 jours qui suivent l'opération de chirurgie.
On parle ici de réactions post-opératoires de manière générale mais si l'on rajoute un facteur aggravant comme le tabagisme , le risque de complications explose, et les complications sévères aussi.
Concrètement, qu'est-ce qu'un facteur aggravant ? L'infection apparaît après le développement de germes déjà présents sur votre peau qui se sont propagés à la plaie chirurgicale.
Le manque d'hygiène en est la raison principale dans le monde. Avec une statistique surprenante, 50 % du personnel au bloc opératoire ne se laverait pas les mains au bon moment, augmentant ainsi la prolifération de germes chez le patient...
La cigarette n'est donc évidemment pas la seule responsable, mais son incidence sur les complications après l'opération est importante pour plusieurs raisons.
- Fumer diminue les fonctions du système immunitaire
Pour cicatriser correctement, le corps a besoin de se réparer, de se soigner. L'intervention chirurgicale peut être considérée comme une agression initiale pour l'organisme, comme un traumatisme. C'est notamment ce qu'on appelle la réponse inflammatoire, une réaction naturelle du corps qui intervient généralement après une opération. C'est une manière pour le corps de se défendre, mais aussi d'accélérer la régénération des tissus endommagés.
C'est ici qu'intervient lesystème immunitaire , qui va défendre le corps contre l'infection. Des cellules se mettent au service de l'organisme humain pour le défendre.
Cependant, la cigarette est l'ennemi numéro un de nos défenses immunitaires. Sa composition intoxique le patient qui doit à la fois régler la réaction après la chirurgie et à la fois repousser les 4 à 7 000 agents nocifs qui composent la fumée de cigarette...
Fumer après une opération engendre une diminution de la production d'anticorps et de cytokines, avec pour effet immédiat l'aggravation de l'inflammation.
- Le tabac affecte l'oxygénation du sang
L'oxygénation du sang joue un rôle essentiel dans la cicatrisation, car les cellules impliquées dans la réparation tissulaire nécessitent de l'oxygène pour fonctionner efficacement. L'oxygène favorise la prolifération cellulaire qui combat une possible attaque bactérienne sur la zone concernée et répare la peau plus rapidement. Cependant, fumer une cigarette après l'opération a une conséquence directe sur le renouvellement de l'oxygène dans le système sanguin.
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Le monoxyde de carbone libéré par la fumée de tabac entraîne une véritable asphyxie des globules rouges avec un gaz toxique qui s'accroche à chacun d'eux
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L'oxygénation passe par la respiration. La consommation de tabac après une opération diminue la fonction pulmonaire, entraînant une saturation en oxygène dangereusement basse
Quand reprendre la cigarette après une opération chirurgicale ?
Il est difficile de donner un nombre de jours ou de semaines à partir desquels vous pouvez refumer après une opération , car cela va dépendre de nombreux éléments tels que votre état de santé, les complications après intervention, la planification d'une nouvelle opération, etc.
Et si vous dire 2 mois ou 4 mois n'était finalement pas la bonne réponse à votre question. Et si, finalement, c'était le bon moment pour ne pas reprendre la cigarette ?
Le temps d'abstinence peut être long.
Que préférez-vous : passer les 30 prochains jours à résister ou en profiter pour abandonner cette addiction qui vous ronge depuis des années ?
Résister au manque de cigarettes à la sortie de l'hôpital
La sensation de manque de cigarette après l'opération est évidemment responsable des rechutes ou des promesses brisées que l'on s'était faites avant d'entrer à l'hôpital.
Ce qu'on appelle aussi le craving correspond à cette forte envie d'allumer une cigarette, ce désir irrésistible, incontrôlable. Ce n'est pas tant le fait de fumer qui vous obsède, mais surtout la volonté de ne plus ressentir ce manque.
Fumer une cigarette après l'opération, c'est déjà une cigarette de trop, car c'est à ce moment même que vous remettez le doigt dans l'engrenage de l'addiction après avoir résisté quelques jours avant l'intervention. Craquer maintenant ne risque pas seulement des complications post-opératoires, mais met également en danger votre santé future.
5 Conseils pour ne pas fumer après une opération :
- Limiter les endroits qui vous donnent envie de fumer
- Tester un substitut naturel comme la Griffonia, une plante anti-tabac originaire d'Afrique de l'Ouest
- Tenir un journal personnel pour mettre des mots et extérioriser sa frustration
- Faire une retraite spirituelle de plusieurs jours pour couper avec les tentations
- Rejoindre des groupes d'anciens fumeurs sur internet
Le danger de fumer une cigarette par jour pour votre santé
Opération ou non, fumer une seule cigarette dans la journée, c'est déjà prendre un gros risque.
Beaucoup de fumeurs pensent que le nombre de cigarettes est ce qui compte pour déterminer le niveau de dangerosité de leur addiction. Ce n'est pourtant pas la meilleure indication. Le risque de tomber malade augmente en fonction du nombre d'années pendant lesquelles cette mauvaise habitude est répétée.
Fumer une cigarette par jour pendant 20 ans est aussi dangereux que fumer 10 cigarettes par jour pendant un an. Plus l'organisme est exposé de manière régulière aux produits chimiques toxiques présents dans le tabac, plus le risque de contracter une maladie ou un cancer est important.
On pourrait donc facilement penser qu'une cigarette après une opération n'est pas grand-chose. Pourtant, cette seule cigarette va entretenir votre dépendance physique et psychologique au tabac.
Selon les données de cette étude, fumer de 1 à 4 cigarettes par jour est associé à un risque significativement plus élevé de mourir d'un cancer du poumon. Mais aussi :
- 41 % d'accident vasculaire cérébral
- 53 % de contracter une maladie coronarienne
Arrêter de fumer après une opération chirurgicale, le moment idéal ?
75 % des fumeurs ont envie de jeter leur paquet une bonne fois pour toutes. Mais pourquoi ne le font-ils pas ? Parce que l'addiction nous installe dans un certain confort malgré le risque pour notre santé. Oui, fumer tue, mais arrêter de fumer pourrait me gâcher la vie, pas vrai ? Alors on préfère continuer jusqu'à ce qu'on n'ait plus le choix, tout en se répétant quotidiennement qu'il faudrait penser à arrêter...
C'est le mécanisme de l'addiction. Au départ, fumer est pénible, on se forcerait presque, puis la dépendance s'installe et la cigarette devient notre meilleure amie, voire notre meilleure alliée une fois sorti de l'hôpital, incapable de reprendre une vie normale.
On se sent isolé, parfois seul, souvent perdu, et on fume pour se rassurer que notre vie ne s'est pas totalement arrêtée. Une mauvaise habitude qui est presque ancrée dans notre personnalité. Alors, alité ou pas, malade ou non, infection ou non, il faut fumer.
Pourtant, l'occasion ne se représentera certainement plus pour vous. Si cette opération à l'hôpital était exceptionnelle, vous avez peu de chances d'avoir un tel événement qui vous force à arrêter la cigarette.
Si vous n'avez pas encore refumé, continuez. Cela fait certainement déjà 24 ou 48 heures que vous n'avez pas touché une cigarette. Vous devez tenir 3 semaines. Vous avez déjà fait 10 % du chemin vers un sevrage définitif.
Ah oui, pourquoi 3 semaines ? De nombreuses études montrent que les symptômes physiques du sevrage diminuent à partir de 18 jours. Pour certains, ils auront même presque totalement disparu. En ce qui concerne la dépendance psychologique , le décrochage peut être beaucoup plus long, parfois des années.
L'opération oblige le patient à ne pas toucher une seule cigarette. Vous ne pouvez pas fumer dans l'enceinte de l'hôpital, l'intervention chirurgicale vous a sans doute gardé allongé plusieurs jours.
Vous avez tenu, même si vous aviez une seule idée en tête, en allumer une. Alors combien il sera plus facile de résister au manque lorsque vous aurez pris la décision de ne plus toucher de cigarette de toute votre vie. S'il n'y a plus d'attente, il n'y a plus de frustration. Sans frustration, il n'y a plus de tentation.
La prochaine fois que vous serez obligé d'arrêter sera peut-être pour un retour à l'hôpital. Mais cette fois-ci, c'est parce que la cigarette vous aura rendu malade.
Saisissez l'occasion.
Et mettez fin à votre addiction.