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27 juin 2023

Recommencer à fumer pour maigrir…

Votre joie d'arrêter de fumer a été de courte durée... en montant sur la balance, vous voyez un poids anormalement élevé... +4 kilos !

Pour certains, ce n'est rien, mais vous, vous ne les supportez plus, au point même de songer à recommencer à fumer des cigarettes pour maigrir et ne plus devoir supporter cette nouvelle image dégradée de vous-même.

un homme qui se demande si refumer pour maigrir est une bonne idée

Fumer fait perdre du poids, vraiment ?

Dans la grande majorité des cas, la cigarette fait perdre du poids. On parle d'environ 10 grammes par cigarette.

Pour un fumeur régulier, cela peut représenter entre 3 et 5 kilos par rapport à son poids de référence. Ce qui veut dire qu'il est tout à fait normal de retrouver son poids de base après avoir arrêté la cigarette.

Vous n'avez pas simplement grossi, vous avez récupéré les kilos que le tabac vous avait volés.

De nombreux fumeurs se trouvent trop maigres. Pour eux, évidemment, le sevrage est l'occasion idéale pour reprendre du poids après s'être battus pendant des années avec une image de leur corps qui ne leur correspondait pas.

Mais si pour vous, la cigarette était un moyen de ne pas conserver une silhouette qui vous convenait parfaitement, alors effectivement cette prise de poids doit être un calvaire à vivre. Pire, vous songez sérieusement à vous remettre à fumer.

Si entre perdre un peu de poids et 5 kilos la question ne se pose pas vraiment, dans les faits, se regarder dans le miroir tous les jours avec un corps qui ne nous plaît pas, cela peut très vite devenir un supplice. Qui plus est quand on doit lutter avec des envies de fumer couplées à des fringales toutes les 10 minutes...

Donc non, ce n'est pas une création de votre esprit, vous aviez bien un poids inférieur lorsque vous étiez fumeur, mais recommencer à fumer pour maigrir n'est évidemment pas la bonne solution.

Et puis, ne pas oublier que si les fumeurs sont globalement plus maigres, ils sont aussi en plus mauvaise santé que les autres.

Pourquoi je grossis après mon arrêt du tabac ?

La question du poids après le sevrage n'est pas toujours facile à aborder. Arrêter de fumer demande de fournir un effort psychologique tellement intense que rajouter à ça le fait de devoir contrôler son poids, la quête semble perdue d'avance...

Si l'arrêt du tabac peut faire grossir, ce n'est pas définitif ni obligatoire.

La prise de poids pendant la période de sevrage tabagique est naturelle. Comme on l'a évoqué précédemment, il y a une corrélation entre tabagisme et poids.

Appétit retrouvé

Le tabac peut avoir un effet coupe-faim , avec parfois la suppression de l'appétit chez certains fumeurs, ce qui peut entraîner une réduction de la consommation alimentaire en quantité mais aussi en qualité. La responsable ? La nicotine. Mais pas seulement. Les substances chimiques présentes dans la fumée de cigarette auraient tendance à diminuer la ghréline, l'hormone de la faim.

La consommation de cigarettes pourrait donc avoir un effet négatif sur les taux de ghréline, ce qui pourrait contribuer à ternir le goût des aliments chez les fumeurs. Une diminution du goût qui entraînerait une perte d'intérêt pour la nourriture en général. La période de sevrage contre les effets du tabac avec un appétit et un goût retrouvés, ce qui pousse davantage l'ancien fumeur à manger.

Manque d'activité

Une étude a montré qu'à court terme, le tabagisme augmente la dépense énergétique d'environ 10 %. Par ses effets stimulants sur le cerveau, la nicotine est en partie responsable. Ce qui signifie que lorsque l'on arrête le tabac, on se prive nécessairement d'une source de dépense non négligeable pour brûler les graisses. Il faut comprendre que la dépense énergétique quotidienne est déterminée par le métabolisme propre à chacun, l'activité physique et les effets thermiques des aliments.

Les envies sucrées et le manque de motivation pour faire des choses participent à une prise de poids plus rapide les jours qui suivent la décision d'arrêter de fumer.

Si l'on ne peut pas modifier intrinsèquement son métabolisme de base, sur les deux autres, le fumeur peut facilement agir pour avoir une influence positive et maintenir son poids idéal, et ce même si l'on ne fume pas.

Refumer pour perdre quelques kilos, mais à quel prix ?

Maigre mais en mauvaise santé ? Le poids sur la balance a vocation à évoluer. Il n'est pas figé, loin de là.

Il existe des solutions pour stabiliser son poids durant la phase de sevrage. Il n'est pas toujours utile de parler de plusieurs séances de sport ultra-intensives par semaine, mais de simples changements d'habitudes comme faire 10 000 pas par jour, faire des activités physiques en famille le week-end, ne plus consommer de nourriture sous emballage plastique pour se forcer à cuisiner, etc.

La consommation de cigarettes n'est évidemment pas qu'une question de kilos. Fumer régulièrement a non seulement des conséquences graves sur la santé que vous connaissez déjà, comme le cancer ou les maladies pulmonaires, mais fumer c'est aussi risquer la dépression, les problèmes financiers, la perte de confiance en soi, l'accélération du vieillissement cutané, etc.

Le poids, bien qu'il joue un rôle essentiel dans notre perception de nous-mêmes, n'est pas le seul aspect de notre santé affecté par le tabagisme. De plus, contrairement à d'autres effets de la cigarette, le poids est l'élément que l'on peut plus facilement influencer par notre comportement.

Refumer, c'est vous mettre en échec par rapport à votre décision de ne plus jamais retoucher une cigarette de votre vie. Si ces quelques kilos en trop représentent une charge mentale importante pour vous, le poids de la culpabilité de refumer une cigarette pour mincir peut être encore pire.

La solution que vous cherchez ne se trouve pas dans un paquet de cigarettes, mais dans le rétablissement d'habitudes saines dans votre quotidien pour compenser l'arrêt tabagique.

Refumer pour maigrir, la mauvaise idée

25 cigarettes correspondent à environ 200 kcal brûlées dans la journée. Si les fumeurs sont généralement plus minces que les non-fumeurs, il ne faut pas oublier que contrairement à ce que l'on pourrait penser, le tabagisme sévère (un paquet et plus par jour) est un des facteurs de l'obésité.

Oui, fumer peut faire maigrir, mais cela peut aussi augmenter la surcharge pondérale, notamment au niveau de la ceinture abdominale et des hanches, avec pour conséquence un risque accru de développer une maladie cardiovasculaire grave.

Le tabagisme ne protège pas de l'obésité, encore moins du surpoids. Certes, vous brûlez plus de graisse , mais vous développez autre chose, comme le stress, dont la nourriture est souvent utilisée comme une forme de compensation.

De nombreuses adolescentes déclarent avoir commencé à fumer et continuent de le faire pour contrôler leur poids corporel. Un problème souvent plus féminin que masculin. Qu'importe, la cigarette ne doit pas constituer une alternative à une alimentation équilibrée et à une activité sportive, que l'on soit un ancien fumeur ou une ancienne fumeuse.

Non, vous ne prenez pas de poids parce que vous avez arrêté de fumer. Vous prenez du poids parce que vous consommez plus de calories que vous n'en brûlez. Votre corps stocke alors l'excès de calories sous forme de graisse, ce qui entraîne une prise de poids.

Il est tout à fait normal d'avoir un épisode de fringale pendant les premiers jours d'abstinence au tabac. Ce qu'il faut, c'est le limiter dans le temps pour que le sucre ou la graisse ne viennent pas remplacer l'addiction au tabac par une autre forme de dépendance qui aurait pour conséquence l'apparition de kilos disgracieux.

La formule est simple : l'arrêt de la cigarette doit entraîner une augmentation de votre activité physique. Couplée à une bonne alimentation saine et équilibrée, mais sans privation, il n'y a aucune raison de ne pas prendre de poids juste après le sevrage, ni de ne pas le perdre rapidement.

Refumer pour perdre du poids , c'est un mauvais calcul. Il est possible que vous fassiez baisser les chiffres sur la balance, mais il y a un grand risque que vous mouriez d'un cancer dans les prochaines années.

Aux États-Unis, par exemple, 40 % des cancers diagnostiqués sont liés au tabac. En France, le tabac est responsable à lui seul de 13 % de l'ensemble des décès. Rien que ça.